
Le lundi 19 octobre, la grève annoncée par la Confédération des syndicats de l’administration publique nationale a bien eu lieu ; grâce à une mobilisation active, elle a rencontré un franc succès. Les employés de l’Institut national de formation professionnelle (INFP) ont manifesté devant les locaux de l’institution, situés impasse Fermont, rue Saint-Surin, à Pétion-Ville. Ils réclament une augmentation de 50 000 gourdes sur leur carte de débit, ainsi que la prise en compte de leurs revendications sociales. Ils ont également profité de l’occasion pour dénoncer leurs conditions de travail précaires, soulignant que les 10 000 gourdes actuellement allouées sont insuffisantes pour couvrir leurs dépenses.

La première journée de grève au ministère des Affaires sociales, ce lundi 19 octobre, a été une réussite totale. Selon certains employés du ministère, aucun ajustement salarial n’a eu lieu depuis quatre ans. Ils se mobilisent contre une décision du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé qui frappe les fonctionnaires : un prélèvement de 15 % sur leurs salaires. Par ailleurs, ce dernier n’a jamais pris position pour améliorer la situation de ces travailleurs — dont beaucoup comptent 35 années de service au sein du ministère — qui ne perçoivent que 18 000, 19 000 ou 20 000 gourdes par mois. Compte tenu de l’inflation actuelle, cette somme est pratiquement dérisoire pour une famille avec trois ou quatre enfants. Il est tragique que le ministère des Affaires sociales — une institution vouée aux services sociaux — compte en son sein des employés qui meurent de faim. Récemment, un employé nous a confié n’avoir rien mangé pendant trois ou quatre jours ; il a fini par s’effondrer et mourir. C’est la faim qui l’a tué.
Nous sommes indignés par toutes ces injustices.
Les employés exigent la fin du prélèvement de 15 %.
Vive le versement du 14e mois de salaire !
Vive les augmentations de salaire pour les employés de l’État, afin que nous puissions bénéficier d’un meilleur niveau de vie !

Les employés font valoir leurs droits, dénonçant ce qu’ils qualifient de mauvais traitements de la part de l’administration publique. Ils désignent nommément le directeur de l’INFP, Franck Lauture, comme le principal responsable devant répondre à leurs exigences. Ils réclament par ailleurs le rétablissement de la carte-cadeau pour l’ensemble du personnel, une mesure qui concernerait tant les employés du siège que ceux des bureaux en province. Parmi les autres revendications majeures figurent l’annulation du prélèvement de 15 % sur les salaires, la mise en place d’un régime d’assurance adéquat et le versement d’un quatorzième mois de salaire.
Il convient de noter que, pour la première fois, ce mouvement de grève — visant à contraindre les autorités à améliorer les conditions de travail des agents publics — a bénéficié du soutien de la majorité des syndicats ainsi que celui de la Police Nationale d’Haïti (SYNAPOHA).

Dans une note publiée le dimanche 18 octobre à Tabarre, le SYNAPOHA a reconnu la légitimité de ce mouvement. À cette occasion, son porte-parole, Mathieuny Sidel, a appelé les policiers affectés à la sécurité des institutions publiques à faire preuve de discipline, de responsabilité et de professionnalisme, en veillant à ne pas s’écarter de leur mission fondamentale : protéger et servir la population.

Il a rappelé aux policiers qu’ils se trouvent dans la même situation que les travailleurs, les exhortant à rester fidèles malgré les tensions liées au mouvement de grève, et à ne pas se laisser manipuler par des partisans du chaos. Le syndicaliste va plus loin, cherchant à faire comprendre aux policiers que les conditions de vie difficiles auxquelles ils sont confrontés sont identiques à celles des travailleurs en grève. Selon lui, beaucoup peinent à subvenir aux besoins de leurs familles, dans un contexte marqué par la hausse des dépenses quotidiennes et le manque de moyens financiers.


Mathieuny Sidel porte parole du syndicat de la Police Nationale d’Haïti (SYNAPOHA).
Il leur rappelle également que la scolarité des enfants, le paiement du loyer et les charges courantes font partie des dépenses auxquelles les agents doivent faire face avec des ressources limitées. C’est aussi une manière de souligner, auprès des autorités de la police nationale, l’urgence d’améliorer les conditions socio-économiques des policiers.
Le SYNAPOHA soutient les revendications sociales et défend les droits et intérêts de tous les travailleurs, sans exception, en réclamant des salaires décents, des avantages sociaux effectifs et le versement des indemnités dues aux travailleurs. Il appelle le gouvernement à engager un dialogue sérieux avec les représentants des travailleurs afin de trouver des solutions durables à leurs revendications.
Les syndicats des secteurs public et privé dénoncent les actes criminels commis par le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé à l’encontre des travailleurs et employés des secteurs public et privé, et rappellent que le gouvernement doit apporter une réponse satisfaisante à leurs revendications avant le 30 novembre 2026. À défaut, les syndicats menacent d’organiser deux nouvelles journées de mobilisation syndicale et populaire, les 1er et 2 décembre 2026, sur l’ensemble du territoire national.