Plus de sept décennies après, aucune information n’a jamais filtré sur la mort de Paul Kamba dit PK, l’un des pères-fondateurs de la rumba congolaise. Une chanson « Liwa ya Polo » d’Antoine Moundada a immortalisé la chronique de son décès. Sur les conditions de sa disparition, silence radio. En février 2013, un témoin oculaire de l’agonie du maître se souvient.
Les deux présumés responsables de la mort de Paul Kamba sont Mobouro et Lokoua. ( deux musiciens de Victoria Brazza. NDLR) Tous deux, décédés à ce jour.
– (Présomption d’innocence, prescription (de toute façon, étant donné la date des faits). Il ne s’agit pas d’un procès.
Paul Kamba vit avec une chanteuse du groupe, Gabrielle ( issue d’une famille pieuse de Poto-Poto, tante du futur ministre feu Jean-Luc Malékat NDLR).
Par la suite, son épouse Gabrielle Maléka est divorcée de lui. Paul Kamba épouse une nouvelle femme qui se rend à Fort-Rousset. Lokoua et Mombiro (Mobouro ? ) rejoignent la seconde épouse de Paul Kamba à Fort-Rousset. Nous sommes en 1950.
Les deux conspirateurs réfléchissent au moyen « de le zigouiller ». Ils passent par l’empoisonnement. (Espionnage ? ).
« Quand repars-tu à Brazzaville ? » demandent-ils à l’épouse de Paul Kamba. « (Parce qu’) on va lui faire un colis »
Un colis piégé. Il est emballé avec des feuilles. « On dirait un nid d’oiseau ». Du chanvre est introduit dans le « nid », ainsi qu’une plume de perroquet. Terrible poison qui ne laisse aucune chance à la victime en général (le consommateur).
Le paquetage est composé de viande séchée, de bananes et de la « botte » de chanvre indien.(Noi en argot). La botte est l’unité de mesure du chanvre emballé.
L’épouse ramène le paquet à Brazzaville au mois de mars de l’année 1951.
« C’est un colis de tes amis de Victoria Brazza en séjour à Fort-Rousset » dit la femme de P.K. « avec un bonus ( la drogue – NDLR) ».
A Poto-Poto, il est 17 h.
A 18h Paul Kamba fume son joint. Il se met à tousser.
A 19h Paul Kamba meurt.
(Un parmi vous me trahira... Matthieu 26 ; 21)
La nouvelle se répand comme une trainée de poudre dans Brazzaville.
« Paul Kamba est mort, Paul Kamba est mort… » Liwa ya Polo.
Un curé, Père Nicolas Mouanza, tente un exorcisme pour le réveiller car il est persuadé que Paul Kamba est mort d’un (simple) envoutement.
« J’avais 13 ans » (Moutouala, l’informateur aujourd’hui décédé)
« On se rendait au cinéma Lux de la rue Haoussa, à coté du commissariat. »
« On entend des cris depuis la rue Kasaï » ; « Paul Kaba est mort, Paul Kamba est mort. »
Les soupçons se portent immédiatement sur son épouse.
« A peine arrivée (du séjour), ton mari meurt » disent les gars.
Epilogue
« Je tiens cette histoire de vieux Apa né en 1927, aujourd’hui décédé. »
« Il était Mbondjo comme Lokoua. »
« Mobino devait être aussi Ngala. »
« Un jour je narra l’histoire devant la petite sœur de Lokoua. Elle prit mal. »
« Lokoua fut très connu dans l’histoire du foot de l’Etoile du Congo »
Le milieu sportif Etoile du Congo.
Lokoua résidait entre rues Bacongo et Mbeti, au croisement avenue de la Paix (avenue de Paris)
A la station d’essence d’un Haoussa appelé Maguet (Max) rue Baya.
Mombiro était kalaka (clerc, cadre) aux Finances Trésor, comme P.K.
Naissance de Victoria Brazza
« Victoria Brazza » est né en 1941 à Brazzaville
Or il y avait Congo Roumba en 1938.
Les musiciens : Albert Loboko, oncle du ministre Babakas.
Au paténgué (tambour carré) un Mbondjo : Missika Michel.
Poto-Poto est une petite bourgade. Nuisance sonore déplorée à la Cathédrale d’où Monseigneur Augouard dépêche le curé Mouandza afin de calmer le bruit des percussions.
Victoria Brazza est fondé en 1941
3ème orchestre : « Soyons fiers »
Le joueur de paténgué s’appelait Bifouiti, un sculpteur qui donnera son nom au quartier Bifouiti. Son petit-frère, Ntsamouna, « était avec moi à l’Ecole de l’Armée du Salut au C.p » (débutant) en 1947. (dit Moutouala)
Ghanéen par son père
Trois orchestres existent à Brazzaville : « Congo-Roumba » , « Victoria-Brazza » « Soyons fiers. »
Le percussionniste de « Vitoria Brazza » est Jacques Eboma supplée par Kazembé Antoine, un Mongo de l’Equateur Mambenga.
Maracas, grosse caisse. Pas d’instruments harmoniques (guitare)
Emmanuel Dadet crée le premier groupe avec des instruments modernes.
Dadet Emmanuel est l’oncle de Nino Malapet.
Paul Kamba est né en 1912, mort en 1950.
Son père fut un ghanéen, sa mère une Mbochi.
Les Haoussa et les Dahoméens sont nombreux à Brazzaville à cette époque.
Propos recueillis auprès de Zébulon Moutouala alias Wantino , le 18 février 2013