
Impossible d’oublier les manœuvres du Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé pour empêcher une récente visite dans le pays d’éminentes personnalités de la CARICOM — une organisation que l’impérialisme, a introduite dans la crise haïtienne en tant que médiatrice. C’est d’ailleurs par le biais de ces manœuvres qu’a vu le jour le Conseil présidentiel de transition (CPT) ; celui-ci a passé près de deux années à piller le pays avant de nous laisser aux mains de son deuxième Premier ministre, qui dirige actuellement le pays en cumulant les rôles de Premier ministre et de président, à l’instar d’Ariel Henry.
En réalité, ces éminentes personnalités voulaient continuer à manifester leur influence sur le pouvoir en Haïti, dont elles sont effectivement les génitrices de la transition en cours. Dans ce contexte, après le départ du CPT, elles ont cru pouvoir revenir et instaurer un nouveau climat de négociation, car le pouvoir dirigé par Fils-Aimé ne jouit d’aucune légitimité politique, populaire ou constitutionnelle.
C’est ainsi que, chaque fois que ces personnalités annonçaient une visite en Haïti pour recadrer le pouvoir, Fils-Aimé leur opposait une fin de non-recevoir ; plusieurs membres de l’opposition ont d’ailleurs contacté les dirigeants de la CARICOM dans l’espoir qu’ils changent la donne. Et c’est dans ce contexte qu’a été porté le coup final pour fermer définitivement la porte : Fils-Aimé leur a fait savoir qu’il ne pourra pas garantir leur sécurité.

La CARICOM est une institution vouée aux discussions multilatérales et aux négociations commerciales ; elle ne devrait guère participer à des réunions à caractère politique sur un autre pays de la région ; surtout un pays à l’étoffe d’Haïti, le premier pays nègre libre et souverain de l’hémisphère. Ce sont l’administration Biden et le gouvernement Trudeau qui ont introduit la CARICOM en tant que leur pion, leur courtier pour faciliter une quelconque médiation dans la crise haïtienne.
A l’encontre du secrétaire d’état américain de l’administration démocrate Anthony Blinken plaque tournante de cette mésaventure, la nouvelle administration, avec le réactionnaire notoire Marco Rubio s’est comporté avec une autre forme d’arrogance et c’est pour cela que la dynamique n’était plus la même.

C’est ce que les éminentes personnalités de la CARICOM n’ont pas compris : depuis l’avènement de l’administration Trump, les données ont changé. Après tout, elles ne confient aucun dossier à régler aux dirigeants des Caraïbes, si ce n’est l’utilisation de Guyana — par son président, le Dr Mohamed Irfaan Ali — dans le cadre du différend opposant ce pays au Venezuela. Ainsi, depuis que Fils-Aimé a pris le pouvoir seul, des personnalités éminentes ont perdu pied dans le pays, alors même que le reste de la classe politique traditionnelle — qui ne repose sur rien de solide — ne cesse de les solliciter pour qu’elles demandent à Fils-Aimé de partager le pouvoir.
Par contre, la CARICOM a invité le Premier ministre à participer à la 51e réunion des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation, prévue à Sainte-Lucie du 5 au 8 juillet 2026. Le Premier ministre hésitait à s’y rendre, compte tenu des vives protestations qu’il venait d’exprimer à l’encontre des personnalités éminentes de la CARICOM.
Fils-Aimé avait même rappelé l’ambassadeur d’Haïti auprès de la CARICOM pour marquer son désaccord avec l’organisation régionale. Finalement, il aurait obtenu sans doute le feu vert de Washington, qui lui garantit de pouvoir s’y rendre sans risquer de subir une mésaventure comparable à celle vécue par Ariel Henry.
Le Premier ministre a quitté le pays le 5 juillet pour assister à la 51e réunion ordinaire de de la Conférence des chefs de gouvernement de la CARICOM et est retourné le mercredi 8 juillet 2026.
À son retour en Haïti, lors d’une conférence de presse tenue au salon diplomatique de l’aéroport international Toussaint Louverture, Fils-Aimé a déclaré : « J’ai invité nos amis de la CARICOM à venir constater nos efforts. Ils ont accepté. » En fait, le Premier ministre rassuré maintenant a lui-même invité les éminentes personnalités de la CARICOM à revenir en Haïti.

Ainsi selon un communiqué de la Primature : Une délégation se rendra en Haïti à la fin du mois sur notre invitation. Nous sommes impatients de les accueillir afin qu’ils puissent constater les progrès réalisés dans le processus électoral, dans la lutte contre l’insécurité et sur le plan humanitaire. Il a également annoncé des discussions concernant le renouvellement du mandat de la Mission multinationale d’appui à la sécurité et le déploiement complet de ses effectifs, tout en saluant le soutien constant de la Jamaïque, des Bahamas et de Sainte-Lucie.
Dans son exposé, Fils-Aimé s’est exprimé avec un air triomphal en expliquant que « les pays de la CARICOM ont fait état d’une pénurie d’infirmiers et d’infirmières. À cet égard, ils ont demandé comment Haïti pouvait leur venir en aide. La CARICOM a donc officiellement sollicité l’envoi de personnel infirmier haïtien au sein de la communauté. Nous avons convenu d’envoyer des infirmiers qualifiés dans tous les pays de la CARICOM. J’ai déjà eu des échanges à ce sujet avec le ministre de la Santé, qui est chargé du suivi. »
En Haïti, pays dépourvu d’hôpitaux, des étudiants en médecine manifestent pour réclamer l’ouverture du grand centre hospitalier du pays. La majeure partie de la population ne bénéficie pas de soins de santé adéquats. Pourtant, le Premier ministre n’a pas honte d’annoncer qu’il enverra des infirmiers à l’étranger alors qu’il en manque cruellement sur place. Cela démontre bien qu’il ne se soucie pas du pays.
Ensuite il félicite le président du Guyana pour la promesse d’un don de 500 tonnes de riz destiné à soutenir les efforts du gouvernement dans la lutte contre l’insécurité alimentaire. « Je remercie les autorités guyanaises pour ce témoignage de solidarité envers Haïti. » Alors, Fils-Aime, effrontément, veut nous faire comprendre que ce sont les dons en nourriture qui peuvent nous aider à résoudre le problème de l’insécurité alimentaire. Il ne s’agit donc plus pour l’État d’investir dans l’agriculture et de construire des canaux d’irrigation pour permettre aux agriculteurs d’accéder à l’eau et aux engrais. Quelle grave irresponsabilité politique et quel honteux affront à la paysannerie, source de production de vivres alimentaires !

Enfin, selon lui, les discussions avec les dirigeants de la région ont principalement porté sur le renforcement de la sécurité en Haïti, la situation migratoire des ressortissants haïtiens, notamment les conséquences de la fin du statut de protection temporaire (TPS), ainsi que sur l’accompagnement du processus électoral. Il a également indiqué que les échanges ont concerné le renouvellement du mandat de la Force de répression des gangs (FRG) et le déploiement complet de ses effectifs, tout en saluant le soutien de plusieurs États membres de la CARICOM.
Enfin, la CARICOM et ses éminentes personnalités ne peuvent adopter une ligne différente de celle de leurs employeurs : l’impérialisme américain. Dans un communiqué publié le mercredi 8 juillet 2026, la CARICOM a clairement manifesté son soutien et sa satisfaction à l’égard de la marionnette Alix Didier Fils-Aimé « La Conférence salue les efforts entrepris par le Gouvernement de la République d’Haïti, sous la direction du Premier ministre, Son Excellence Alix Didier Fils-Aimé, pour renforcer la sécurité nationale, faire progresser le processus électoral et jeter les bases d’élections libres, crédibles, inclusives et pacifiques. La CARICOM félicite le Gouvernement pour les progrès accomplis et l’encourage à poursuivre la mise en œuvre de ces efforts ».