L’annonce du retour au Sénégal de l’ancien Président Macky Sall et l’audience que lui a accordée son successeur, Bassirou Diomaye Faye, passent très mal auprès des victimes des tensions politiques de la période 2021-2024. Réunie face à la presse, l’Association des victimes des graves violations des droits de l’Homme a exprimé sa vive indignation.
Le collectif conteste vigoureusement le soutien apporté par l’actuel chef de l’Etat à la candidature de Macky Sall pour le poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu). «Nous estimons que M. Macky Sall n’est pas un candidat digne de recevoir le soutien du Sénégal pour cette fonction essentielle dont le titulaire est chargé de promouvoir la paix, la sécurité internationale et les droits humains», ont martelé les représentants des victimes. Ils rappellent que les trois dernières années du régime précédent ont été marquées par une violente répression contre les opposants, les activistes et les journalistes, causant la mort de plus de 65 personnes selon Amnesty International.
Le Directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a vivement réagi aux accusations de partialité politique souvent portées contre les militants des droits de l’Homme. «C’est de la malhonnêteté de dire que les défenseurs des droits humains roulent pour tel ou tel parti. Notre seul combat est celui de la justice», a-t-il affirmé. Pour lui, l’absence de poursuites judiciaires contre les responsables des dérives passées témoigne d’un manque de volonté politique du nouveau pouvoir. Il cite notamment le cas de Antoine Robert Sambou (Mancabou) dont la mort il y a quatre ans reste entourée d’un «épais linceul noir». Seydi Gassama conclut sur un constat amer : «L’impunité d’hier semble aujourd’hui reconduite sous le régime de Bassirou Diomaye Faye.»