Chaque année ou presque, des cas de fraudes aux examens officiels sont signalés, entachant parfois l’ensemble de la session. Mais, ni le gouvernement, ni les institutions en charge de l’organisation des examens au Cameroun n’ont encore pu résoudre définitivement l’équation.
Il est difficile de penser qu’en 2026, les sessions d’examens officiels soient encore souillées en raison des cas de fraudes massives. De nombreuses avancées jouent en faveur d’une organisation sans faille d’examens officiels au pays. Sans être exhaustif, l’évolution du temps, la correction des cas antérieurs, l’expérience accumulée ainsi que l’évolution technologique offrent pourtant des facilités pour la sécurisation des épreuves, des copies et des procès-verbaux ainsi que pour la surveillance optimale des candidats.
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Mais, à la grande surprise de toute la communauté éducative, le Cameroun n’y est pas encore. Ou du moins, le pays est en retard par rapport aux évolutions, si les mentalités des fraudeurs ne sont pas plutôt en avance sur les techniques anti fraude.
Le renvoi des épreuves du GCE A et O Level programmées du 08 juin au 22 juillet 2026 en raison de la fraude massive constatée la semaine dernière est une forte illustration qui aiguise davantage les préoccupations. La ministre des Enseignements secondaires, Pauline Nalova Lyonga, face à la situation qui dépasse le GCE Board se donne deux semaines pour prendre des mesures pouvant composer et sécuriser le reste des épreuves auxquelles les candidats doivent faire face.
Une telle mesure, bien que conservatoire pour sauver la session d’examen, reste une faille pouvant donner lieu à d’autres cas de fraudes. Il est connu de tous, que la fraude massive dont il est question ici se matérialise par la divulgation des épreuves sur les réseaux sociaux avant leur passage, comme prévu, en salles d’examens. La tricherie en masse serait donc partie des personnels travaillant dans le circuit de l’évolution des épreuves.
La fuite provient sans doute des personnes qui ont eu connaissance des documents au cours des étapes de leur évolution. Ce qui cache des failles internes au système et qui profitent bien aux candidats qui ont confiance aux réseaux de fraudes puisqu’à leurs connaissances, à ceux qui ont perdu la culture de l’effort pour chercher la facilité dans un environnement lui-même de plus en plus hostile au mérite.
La situation particulière de la fraude 2026 mérite des sanctions rigoureuses à l’issue d’une enquête minutieuse menant à de vrais coupables. En 2025, au terme de la session des examens, la ministre des Enseignements secondaires a prononcé 255 sanctions pour fraude et irrégularités, à l’encontre de 208 candidats et 47 enseignants. Des pratiques sont pourtant identifiées : tricherie matérielle, utilisation du numérique, fraude administrative… Mais les solutions durables restent introuvables.
Aussi, de manière générale, la récurrence des cas, malgré des sanctions, exige une approche nouvelle de sécurisation des examens. Il convient ainsi de ne plus se limiter à changer les ministres, à suspendre le personnel et les élèves, à annuler des épreuves ou des sessions. Les différents maillons de la chaîne peuvent, en amont, développer un système numérique d’acheminement et de sécurisation des épreuves pour l’ensemble des examens officiels.