
Quelle amère réalité ! Ce comportement n’est pas digne d’un Premier ministre. Cette scène, où le Premier ministre de fait Alix-Didier Fils-Aimé serre dans ses bras le chargé d’affaires américain en Haïti, Henry T. Wooster, ressemble davantage à l’aveu sincère d’un serviteur.
Un tel acte est bel et bien le fait d’un homme très dangereux, un déshonneur, un dirigeant qui ne reculerait pas devant la conspiration contre son propre pays.
Ce spectacle est franchement révoltant ; les deux individus apparaissent comme deux larrons, deux escrocs. D’un côté, Wooster, que l’administration Trump vient de nommer ambassadeur des États-Unis au Kenya ; de l’autre, le Premier ministre de fait d’Haïti, désireux d’afficher cette complicité avec ses tuteurs américains.

Partout ailleurs, un tel comportement serait jugé indécent sur le plan diplomatique, voire perçu comme un affront au pays hôte. Cette photo illustre l’un des aspects les plus révélateurs, bien que ce ne soit certainement pas le plus surprenant. Car ces individus issus de la classe politique traditionnelle sont prêts, sans exception, à tout pour faire étalage de leur servilité et s’attirer les faveurs d’un représentant du gouvernement américain, quelle que soit la fonction de ce dernier.

Une telle attitude avilit la fonction de Premier ministre. Après tout, aujourd’hui — même si Fils-Aimé occupe ce poste de manière illégale et inconstitutionnelle — il demeure le seul dirigeant à la tête de l’exécutif du pays, et c’est là ce qu’il offre en retour à la Nation. C’est la preuve que, depuis le coup d’État du 7 juillet 2021, le pays est dirigé par des fossoyeurs — les pires Premiers ministres de son histoire : Ariel Henry, Garry Conille et Alix-Didier Fils-Aimé. Il est clair que les véritables causes de la crise, qui plonge dans le désespoir les masses opprimées et affamées, résident dans cette politique de soumission et dans les impostures mises en place par le pouvoir.
Cette scène s’est déroulée lors de la célébration du 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis, durant une réception organisée par l’ambassade le jeudi 2 juillet 2026, à la résidence officielle du chargé d’affaires américain. Au mépris de toute bienséance, le Premier ministre a terni l’image du pays en laissant un chargé d’affaires lui passer le bras autour du cou, comme s’il s’agissait de deux camarades politiques ou de deux amis célébrant un événement ensemble.

Ce comportement démontre clairement que Fils-Aimé défend les intérêts américains dans le pays. Avec une telle attitude — agissant de connivence avec les puissances impérialistes — peut-il restaurer l’honneur et la dignité de la nation ?
Outre Fils-Aimé et les membres de son gouvernement, la classe politique, le secteur privé des affaires et des représentants de la société civile étaient largement présents pour participer aux festivités.
En voyant cet individu poser de la sorte, on se demande ce qu’il est prêt à offrir à ses parrains politiques pour se maintenir au pouvoir. Il était évident pour tous que Wooster avait influencé la politique du pays pour que son protégé, Fils-Aimé, reste en poste, alors même que le CPT — en plein désarroi — l’avait limogé.

Des individus de la trempe de Fils-Aimé sont prêts à tout pour s’attirer les bonnes grâces des représentants américains. Nous avons récemment vu comment il a accueilli le secrétaire d’État adjoint Christopher Landau, et nul ne sait pour l’instant quelle part des fonds publics il consacre à ces activités de lobbying à Washington.
Quel pays peut-on bâtir avec un tel renégat ? Ironie du sort, un grand pays comme Haïti compte des scélérats de cette trempe : des imbéciles corrompus, simples serviteurs de l’impérialisme, voire ses agents infiltrés.
En réalité, élections, paix, réformes économiques, ne sont que des subterfuges destinés à endormir la crédulité et permettre à la bourgeoisie et à l’impérialisme d’agir discrètement.
Profondément déçu par ses dirigeants, le peuple haïtien doit poursuivre la lutte pour la libération nationale en s’organisant davantage jusqu’à l’instauration d’un gouvernement populaire, sérieux et progressiste.