L’État tchadien est engagé dans une course contre la montre pour remplacer son unité flottante de stockage et de déchargement (floating storage and offloading, FSO) mouillant au large de Kribi, au Cameroun, point d’évacuation de l’ensemble du brut destiné à l’export. L’actuel navire, un monocoque appelé Kome Kribi 1, a dépassé les vingt ans d’âge, et ne sera plus opérant à partir d’avril 2028, date à laquelle il ne pourra plus bénéficier d’assurance.
Depuis près d’un an, le Tchad est à la recherche d’un prestataire afin de remplacer l’infrastructure. Si le dossier est officiellement porté par la Cameroon Oil Transportation Co (Cotco), propriétaire du FSO – et qui gère la partie camerounaise de l’oléoduc d’exportation reliant le Tchad à Kribi –, il est suivi de près par le président Mahamat Idriss Déby, conscient de son importance stratégique.
Une première piste a un temps été suivie du côté des Émirats arabes unis. Des discussions préliminaires ont été entamées avec DP World. Sa filiale Drydocks World dispose du savoir faire pour transformer les navires en unités de ce type, à l’image de la livraison, en 2024, du FSO Yamoussoukro à la Côte d’Ivoire. En novembre 2025, en marge du forum d’affaires tchadien qui s’était déroulé à Abu Dhabi, une délégation de Cotco et de son actionnaire, la Tchad Petroleum Co, s’était rendue à Dubaï sur l’un des chantiers de DP World. La visite n’a cependant débouché sur aucun contrat, pour le moment.
L’actuelle infrastructure possède 27 cuves pour une capacité de stockage de 2,3 millions de barils. Sans ce débouché, le Tchad serait condamné à réduire drastiquement sa production (125 000 barils par jour). La plateforme est également essentielle pour les trois opérateurs actifs au Tchad, la China National Petroleum Corp (CNPC) sur les champs de Doba, mais aussi le franco-britannique Perenco et la compagnie nationale, Tchad Petroleum Co, qui opère les actifs d’Exxonmobil nationalisés en 2023 (AI du 20/07/23).
Africa intelligence
[elfsight_social_share_buttons id=”1″]
129 Vues