CONAKRY- Dans le cadre de la modernisation de l’Administration, le gouvernement guinéen a officiellement lancé le service « Passeport Express ». Cette réforme promet de délivrer le précieux document en moins de 72 heures et de balayer au passage des décennies de pratiques informelles.

C’est une petite révolution dans les couloirs du Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile. Pour de nombreux Guinéens, obtenir un passeport dans un temps record relevait jusqu’ici du parcours du combattant, entre délais interminables et recours systématique à des « facilitateurs » qui exigent très souvent des dessous de table. Avec le lancement du service Express, l’État cherche à corriger les difficultés quotidiennes auxquelles de nombreux citoyens sont confrontés.
Pour le Général Ahmed Mohamed Oury Diallo, ce nouveau service n’est pas qu’une simple amélioration technique, c’est une nécessité sociale. « Ce que nous lançons aujourd’hui est une réponse concrète à des difficultés que beaucoup de nos concitoyens ont déjà connues. Un étudiant bloqué par un retard de passeport, un voyage médical compromis, une opportunité professionnelle perdue faute de documents disponibles à temps », a-t-il constaté.

Désormais, la procédure est segmentée selon l’urgence. L’État garantit une délivrance en 24, 48 ou 72 heures, selon le choix de l’usager. « Ces situations sont réelles et l’État devait y apporter une réponse organisée, transparente et efficace », martèle le Général Diallo, insistant sur le fait que ce cadre est désormais « officiel, sécurisé et surtout encadré par l’État ».
« Le temps, c’est de l’argent »
Le Premier ministre Bah Oury place cette réforme sous le signe de l’efficacité économique et de l’assainissement moral de la fonction publique. Selon lui, la rapidité du service va mécaniquement éliminer la corruption endémique qui gravitait autour.
« Le temps c’est de l’argent. Le lancement de ce service permettra aux services de police de travailler dans un environnement beaucoup plus assaini », a-t-il martelé.

Le chef du gouvernement n’a pas hésité à pointer du doigt les anciennes habitudes de « clientélisme » qui obligeaient les citoyens à chercher des appuis au sein des forces de police pour faire avancer leur dossier.
« Avant, vous voyiez certains de nos compatriotes être obligés de dire : « Ah, il me faut quelqu’un à la police pour que ma demande puisse être accélérée ». Maintenant, cette accélération n’a pas besoin d’une intervention externe. Cette accélération peut se faire à travers la confection des passeports au niveau de ce centre express », a-t-il dit.
A suivre!
Africaguinee.com
Créé le 14 mai 2026 02:00