Il existe dans ce pays, un certain nombre de médias qui prennent un plaisir incroyable à interviewer les représentants diplomatiques des nations qui dominent Haïti. Ces entretiens n’ont pas pour but de recueillir des informations sur ce qui se passe dans les pays d’origine de ces représentants, mais plutôt de leur permettre d’exprimer leur point de vue sur la situation interne d’Haïti. Conformément aux conventions diplomatiques internationales, aucun ambassadeur ni aucun chargé d’affaires quel que soit le titre spécifique détenu par la personne accréditée n’a le droit d’émettre une opinion sur la situation du pays où il est en poste. Cette règle existe par respect pour la souveraineté des États et pour les principes régissant les relations diplomatiques, tels qu’ils sont consacrés par la Convention de Vienne de 1961.
Après tout et plus particulièrement dans le cas d’Haïti quand a-t-on jamais vu un ambassadeur haïtien se présenter devant la presse de son pays d’accueil pour porter un jugement sur les événements qui s’y déroulent ? S’il s’avisait simplement de s’exprimer que ce soit en termes positifs ou négatifs il serait immédiatement déclaré « persona non grata ». Alors, pourquoi certains médias haïtiens ne respectent-ils cette règle diplomatique élémentaire ? Parmi les médias qui se font les champions de cette pratique humiliante figurent Le Nouvelliste, Radio Télé Métropole, Alterpresse et tout récemment Ayibopost, pour n’en citer que quelques-uns. Ce dernier média a interviewé le chargé d’affaires des États-Unis en Haïti, Henry T. Wooster en avril 2026, et vient de réitérer l’offense le 1er mai avec l’ambassadeur du Canada, André François Giroux. Qu’est-ce qui poussent ces journalistes sur cette voie ? Est-ce une quête d’information ou de notoriété ? Ce n’est pas, en réalité, l’objectif qu’ils poursuivent.
Il s’agit là d’une illustration classique de la domination néocoloniale exercée par ces nations. Ayant totalement ruiné Haïti, elles n’hésitent plus aujourd’hui à s’ingérer dans des affaires qui ne les regardent absolument pas. Pourtant, ce qui est encore plus consternant, c’est que ce sont souvent les médias locaux eux-mêmes qui vont à leur rencontre allant jusqu’à les supplier d’intervenir. Dans ce cas, les représentants de la nation dominante, sont tout à fait en droit de décliner l’invitation. Néanmoins, certains journalistes persistent car, à leurs yeux, c’est un honneur d’avoir un ambassadeur étranger en interview et qui se prononce sur la politique de leur propre pays. Cela constitue un spectacle pernicieux teinté, de surcroît, d’une certaine ignorance favorisant même l’établissement de liens personnels avec ledit ambassadeur.
Longtemps, cette pratique s’exerçait de manière anonyme ; aujourd’hui, cependant, ces diplomates ont choisi d’afficher ouvertement leurs points de vue tout comme le ferait un citoyen du pays dans le but d’orienter l’opinion publique nationale. Ces ambassadeurs s’expriment avec une véhémente arrogance, voire fallacieuse et grotesque, et beaucoup d’hypocrisie. Qui croient-ils duper, sinon eux-mêmes et les journalistes courtisans qui leur servent de laquais à force de relayer leurs propos ? Le rôle propre des médias est de dénoncer l’ingérence des nations dominantes ; or, ce sont eux qui leur tendent le micro, leur permettant ainsi d’assurer leur défense et de dépeindre Haïti comme une nation totalement dépourvue de valeur. Une chose est certaine : si Haïti est arrivé à cette situation indescriptible actuelle, si désastreuse c’est en raison de la complicité des puissances impérialistes, en l’occurrence, ce triumvirat composé des États-Unis, du Canada et de la France.
Trop souvent, ce sont précisément ces nations tirant parti de leur richesse et de leur puissance militaire et économique qui corrompent de nombreux dirigeants haïtiens, les contraignant par là même à se plier à leur volonté. L’ambassadeur du Canada, tout comme M. Wooster, a perdu toute crédibilité en colportant des contrevérités et en pratiquant la culpabilité par amalgame. L’argumentation d’André François Giroux s’apparente à une propagande intellectuellement malhonnête. L’ambassadeur critique les politiciens qui instrumentalisent les gangs ; pourtant, il devrait également reconnaître que ce sont les États-Unis, le Canada et la France agissant avec la complicité des oligarques haïtiens qui ont fomenté les mouvements de gangs armés qui ravagent le pays depuis le coup d’État de 1990 et qui se sont amplifiés depuis 2021 avec l’assassinat du Président Jovenel Moïse.
Nous invitons l’ambassadeur à juger d’abord son propre pays avant de critiquer le nôtre. Ce sont ces nations qui s’arrogent le droit de déterminer pour les Haïtiens quel gouvernement est « bon ou mauvais.» Haïti n’est pas arrivé seul à ce carrefour honteux. Des forces dominantes étrangères sont à l’œuvre ; ce sont elles qui ont mené la danse, transformant la vie des Haïtiens en un vaste océan de souffrance, de misère et de pauvreté. Le Département d’État américain a apporté son soutien total à tout gouvernement corrompu et dictatorial, sous le prétexte de promouvoir la démocratie et les droits humains. Les puissances impérialistes ont conduit Haïti à ce point et en faisant la nation la plus appauvrie de l’hémisphère occidental. Et maintenant, sans la moindre honte, elles reviennent pour la critiquer, voire pour lui faire la leçon comme si le pays et son peuple avaient choisi volontairement de vivre dans cet état de désolation.
Cette rhétorique ne sert que de paravent à l’impérialisme américain, lui permettant de poursuivre une politique encore plus agressive à l’encontre de la nation. C’est une stratégie conçue pour brouiller les pistes, se complaisant dans des manœuvres de déstabilisation et des conspirations de tout acabit afin d’assurer la perpétuation de leur mainmise. Messieurs les Ambassadeurs, il y a un individu cynique que le peuple commence véritablement à démasquer bien que depuis bien longtemps nous ayons nous-mêmes levé le voile sur son rôle en tant qu’agent criminel c’est : le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Espérance. Cet homme est un pur produit des laboratoires des États-Unis et du Canada, opérant sous les traits d’un défenseur des droits humains. C’est l’informateur attitré de vos ambassades. C’est votre fameux scélérat, déployé pour calomnier et anéantir tous ceux qui refusent de se plier aux desseins de la stratégie impérialiste américaine !
Étant donné qu’il vit à votre solde, est-ce la raison pour laquelle, vous ne l’avez jamais dénoncé pour tous les crimes qu’il a concoctés et ses mensonges orchestrés pour désintégrer la société haïtienne et déstabiliser le pays tout entier ? Qui, en effet, tire les ficelles de ces éléments corrompus ? Sans aucun doute, les forces capitalistes et impérialistes occidentales. Le système capitaliste ne saurait survivre s’il n’appauvrissait certaines nations et ne pillait les richesses des plus faibles. Haïti en est victime, en raison du rôle historique qu’elle a joué sur la scène mondiale et de sa position géographique et stratégique située à proximité immédiate du plus grand monstre qui soit. Le paradoxe est toutefois flagrant. Il n’existe qu’une seule alternative aux instruments idéologiques au service de la classe dirigeante occidentale. Avant toute chose, nous devons dénoncer toutes les manœuvres des médias réactionnaires, ces courtiers au service de la propagande capitaliste, portant la marque indélébile de l’infamie. Ensuite, nous devons commencer par dissiper leurs effets persistants afin d’extirper les racines mêmes du mal.
Cela exige un nouvel état d’esprit, celui d’hommes et de femmes d’action et de conviction, voué à la transformation sociale de notre société. Que tout patriote intègre place l’intérêt national au-dessus de tout, veillant à ce que la fermeté alliée à la compétence devienne la règle absolue, afin que toute ingérence de Washington, d’Ottawa et de Paris dans les affaires intérieures du pays cesse une fois pour toutes.
