L’entretien accordé par le Colonel Maizama Abdoulaye sur la RTN a permis de dégager une lecture plus précise des orientations, des réalisations et des défis du Ministère de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Pendant près de trois heures, le ministre a répondu de manière structurée aux questions portant sur les réalisations, les contraintes et les perspectives dans les secteurs de l’environnement, de l’eau et de l’assainissement.

L’un des premiers constats qui ressort de cette intervention est la maîtrise technique et opérationnelle des dossiers relevant du MEHA. Les explications étaient claires, cohérentes et proches des réalités du terrain, avec des références précises aux projets, aux volumes d’investissements et aux résultats obtenus.
Dans le domaine environnemental, le ministre a présenté des résultats liés à la Gestion Durable des Terres, avec plus de 10 millions d’hommes-jours mobilisés, 81 932 emplois temporaires créés et plus de 31,5 milliards FCFA injectés dans les communautés pour un coût global de 39 milliards FCFA. L’entretien a également permis d’aborder des dossiers sensibles comme la ceinture verte de Niamey, la Grande Muraille Verte, la récupération des terres dégradées et la pression exercée sur les espaces forestiers.

L’exemple du bois de Guesselbodi, lancé lors de la fête nationale de l’arbre du 3 août 2024, montre une approche plus intégrée de la reforestation. Le site de 50 hectares dispose d’une clôture, d’un poste d’eau autonome et d’un dispositif permanent de surveillance. Cette organisation réduit les pertes de plants, améliore le suivi phytosanitaire et limite le vagabondage des animaux.
Sur le volet hydraulique, les données présentées traduisent une progression importante des infrastructures d’eau.
Entre 2024 et 2025, 5 144 équivalents points d’eau modernes ont été réalisés, permettant l’accès à l’eau potable à environ 2,2 millions de personnes supplémentaires. En parallèle, 230 ouvrages hydrauliques ont été réhabilités au profit de plus de 169 000 personnes. Dans les zones pastorales, 86 puits cimentés et 20 stations de pompage pastorales ont été construits, avec plusieurs réhabilitations d’ouvrages existants.
Le ministre a aussi abordé un aspect rarement évoqué publiquement, celui de la sécurité hydrique de Niamey. Il a expliqué que des plans de contingence existent pour assurer l’alimentation en eau potable de la capitale et des localités environnantes dans des scénarios de crise sécuritaire ou d’éventuels actes de sabotage visant les stations de traitement de Yantala et de Goudel. Cette approche montre que l’eau est désormais traitée comme un enjeu de sécurité nationale et de continuité stratégique des services essentiels.
L’entretien a également permis de mettre en évidence les liens entre hydraulique, environnement et souveraineté alimentaire.
Le futur projet d’alimentation en eau potable de Zinder, Mirriah et environs, évalué à près de 100 milliards FCFA avec l’appui de la BAD, entre dans cette logique de sécurisation durable des grands pôles démographiques et agricoles.
Le Projet Intégré pour la Sécurité de l’Eau au Niger (PISEN), financé avec l’appui de la Banque mondiale, participe aussi à cette dynamique à travers des interventions liées à la sécurité hydrique, à l’assainissement, à la restauration des bassins versants et à la résilience climatique.

Dans le domaine de l’assainissement, les résultats avancés montrent une accélération des actions communautaires et publiques. Le programme ATPC a permis la certification de 8 928 villages pour le changement de comportement en matière d’hygiène et d’assainissement. À cela s’ajoute la réalisation de 40 000 édicules publics dans les écoles, centres de santé et espaces communautaires, ainsi que les projets de Stations de Traitement des Boues de Vidange dans les chefs-lieux de région.
L’un des éléments marquants de cette intervention reste la capacité du ministre à relier les différents volets du MEHA dans une même vision stratégique.
Eau, environnement, assainissement, hydraulique pastorale, restauration des terres et adaptation climatique ont été présentés comme des secteurs complémentaires, liés à la stabilité sociale, à la santé publique et à la souveraineté alimentaire.
Cette intervention traduit une volonté de suivi rapproché des projets, de coordination entre les directions techniques et de présence régulière sur le terrain. Les encouragements méritent donc d’être adressés au Colonel Maizama Abdoulaye pour la poursuite des actions engagées sous l’autorité de Son Excellence le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République, Chef de l’État, et sous la conduite du Premier Ministre, Son Excellence Mahamane Lamine Zeine, Ministre des Finances.
Par Ousmane Jazy