Le juge d’instruction du premier Cabinet du Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye a bouclé son information judiciaire dans la vaste affaire de mœurs issue du coup de filet de la Brigade de recherches de Keur Massar. Sur la centaine de personnes interpellées en février dernier, 64 individus -dont des animateurs, journalistes et artistes de renom- seront jugés devant la Chambre correctionnelle pour association de malfaiteurs et actes contre nature. Les accusations les plus lourdes, notamment la transmission du Vih, ont été levées.
Une étape décisive vient d’être franchie dans l’un des dossiers judiciaires les plus médiatisés de l’année. A l’issue de plusieurs mois d’investigations, le magistrat instructeur du Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye a rendu son ordonnance de renvoi. Le juge a décidé d’abandonner les charges les plus incriminantes tout en retenant la responsabilité de 64 mis en cause.
Abandon des charges d’empoisonnement et de blanchiment
Alors que les premières phases de l’enquête laissaient peser de lourdes suspicions, le juge d’instruction a opéré un tri rigoureux dans les qualifications pénales. Selon les informations obtenues par les médias, les accusations de transmission volontaire du Vih et de blanchiment de capitaux ont été totalement écartées.
De même, un non-lieu a été prononcé pour les faits d’offre ou de cession de drogue visant une personne poursuivie et présentée sous le nom de X. Une vingtaine d’autres personnes ont également bénéficié d’une ordonnance de non-lieu pour insuffisance de charges ou pour prescription de l’action publique, ordonnant au passage la restitution de leurs biens saisis.
Une liste de prévenus réunissant figures des médias et du spectacle
Malgré cet allègement des chefs d’accusation, la liste des prévenus traduits devant la Chambre correctionnelle demeure impressionnante et rassemble de nombreuses figures publiques. Ils devront répondre exclusivement des délits d’association de malfaiteurs et d’actes contre nature.
Parmi les 64 personnes renvoyées, figurent notamment l’animateur Pape Cheikh Diallo (Cheikh Amadou Tidiane Diallo), le chroniqueur de Sen Tv Kader Dia (Kader Macodou Dia), ainsi que les journalistes Ousmane Kadior Cissé (7Tv) et Souleymane Fatou Ndao (Malikia Tv), le chanteur religieux Ass Dione (El Hadji Dione), le tiktokeur Zale Mbaye (Saliou Mbaye), Abdou Aziz Diop dit «Dabakh», ainsi que le chanteur Djiby Dramé, le banquier Doudou Lamine Dieng et l’acteur culturel Iba Magib Seck.
Sauf revirement de dernière minute, l’ensemble des 64 prévenus feront face incessamment aux juges de la Chambre correctionnelle de Pikine-Guédiawaye pour la tenue de ce procès très attendu.
Prescription et non-lieu pour plus de 25 personnes
Si 64 individus ont été renvoyés devant la Chambre correctionnelle, l’instruction s’est soldée par l’abandon total des charges pour plus de 25 personnes impliquées au départ. Le juge d’instruction a déclaré l’extinction de l’action publique au profit de cinq mis en cause pour motif de prescription. Il s’agit de Mamadou Lamine Diouf, Doudou Diop, Balla Mbaye, Mamadou Guèye et Omar Gning. Les scellés et objets saisis dans le cadre de la procédure devront leur être intégralement restitués.
Une vingtaine de personnes ont bénéficié d’un non-lieu pur et simple pour insuffisance de charges : parmi elles figurent notamment Hissen Guiagousso, Mame Samba Diallo, Mansour Baldé (alias Zo), Florian Julien Monneron, Chérif Diatta, Pape Birame Bigué Ndiaye, Serigne Bamba Amar, Abdou Aziz Guèye, Ouly Mansaly, Abdoulaye Diallo, Mamadou Mbaye, Assane Sow, Moussa Diallo, Moussa Diop, Serigne Saliou Diouf, Mamadou Lamine Sylla, Abdourahmane Cissé, Cheikh Bassirou Mbacké, Serigne Mourtalla Guèye, Thierno Ndiaye…
Toutefois, toutes ces personnes restent encore en prison, le procureur de la republique ayant interjeté appel de la de décision du juge.