L’ancien Coordonnateur national du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac), Mamina Daffé, a bénéficié, ce mercredi, d’une mise en liberté assortie d’un contrôle judiciaire. En détention depuis novembre 2024, il reste néanmoins sous la menace des poursuites engagées par le Pool judiciaire financier dans le cadre de la reddition des comptes.
C’est une mainlevée du mandat de dépôt confirmée : après plusieurs mois de détention, l’horizon s’éclaircit pour Mamina Daffé. La Chambre d’accusation financière a rendu une décision favorable à l’ancien patron du Prodac en confirmant l’ordonnance de placement sous contrôle judiciaire. Cette mesure fait suite à une requête déposée par son pool d’avocats, au sein duquel figure notamment Me Baboucar Cissé. Désormais libre de ses mouvements, l’ancien coordonnateur n’en demeure pas moins soumis à des contraintes strictes pour les besoins de l’instruction. Selon des sources proches du dossier, Mamina Daffé est astreint à deux obligations majeures : l’émargement obligatoire au Cabinet du juge d’instruction le premier lundi de chaque mois, la remise de son passeport au greffe du Cabinet d’instruction, lui interdisant de fait toute sortie du territoire sans autorisation.
Pour rappel, l’arrestation de Mamina Daffé en novembre 2024 s’inscrivait dans une vaste offensive du Pool judiciaire financier visant la gestion des deniers publics. Il avait été inculpé en même temps que Ibrahima Cissé, patron de la société Tida. Les charges pesant sur les deux hommes sont lourdes : Ibrahima Cissé est poursuivi pour escroquerie sur les deniers publics, blanchiment de capitaux, ainsi que faux et usage de faux en écritures privées de banque ; et Mamina Daffé est, quant à lui, visé pour complicité d’escroquerie sur les deniers publics et blanchiment de capitaux.
Si cette mise en liberté provisoire marque une étape importante pour la défense, la procédure judiciaire suit son cours. La Chambre d’accusation rappelle que tout manquement aux obligations du contrôle judiciaire pourrait conduire à une réincarcération immédiate de l’intéressé.