Le 9 mai 2026, sur le terrain des Cheminots à Akassimé, un simple meeting d’information s’est transformé en marée humaine. Le Cadre national de concertation pour le changement (CNCC) a invité le peuple togolais à sortir de la résignation. L’appel a été entendu : des centaines de citoyens, majoritairement des femmes, ont répondu massivement, marquant, selon les observateurs, le début d’un nouvel épisode de la contestation sous la Ve République.
Ce samedi-là, Akassimé s’est réveillé sous un ciel de lumière crue et d’émotions brutes. Sur le terrain des Cheminots, à la périphérie de Lomé, le CNCC avait donné rendez-vous au peuple togolais. Officiellement, il s’agissait d’un simple « meeting populaire ». En réalité, ce jour-là, le Togo s’est regardé dans le miroir de sa résistance : des centaines de citoyens, pour la plupart des femmes courageuses, ont répondu à l’appel, transformant un rassemblement annoncé comme technique en véritable démonstration de force symbolique.
Un contexte de répression : la Ve République en toile de fond
Depuis l’entrée en vigueur de la sulfureuse Ve République en 2024, l’espace politique togolais s’est considérablement rétréci. La nouvelle Constitution, adoptée en mars et promulguée en mai de la même année, a instauré un régime supposément parlementaire, censé renforcer la primauté des institutions. Dans les faits, elle est perçue par une large partie de la population comme un mécanisme de pérennisation de la « monarchisation » du pouvoir.
Le président de la République y apparaît comme un faire-valoir, largement sous l’emprise du président du Conseil des ministres, chef du parti RPT-UNIR et du clan Gnassingbé, concentrant l’essentiel des leviers de décision.
Dans ce contexte, les manifestations publiques de l’opposition ont été régulièrement interdites ou réprimées, souvent sous couvert de raisons « sécuritaires » ou sanitaires. Six ans après le basculement politique amorcé en 2020, marqué par des manœuvres et contestations électorales ayant profondément désarticulé l’opposition, la Ve République s’est imposée comme un cadre quasi inamovible : la contestation y est sanctionnée, les discours muselés et les rassemblements étouffés.
Un « ballon d’essai » devenu marée humaine
Lancé en avril 2026 par une coalition de partis d’opposition et d’organisations de la société civile (ANC, FDR, ADDI, PSR, FCTD, Novation, entre autres), le CNCC n’entendait pas, au départ, bouleverser les équilibres. Il s’agissait d’évaluer, d’observer, de mesurer la capacité de mobilisation d’un peuple que beaucoup disaient épuisé, démobilisé, voire résigné.
Les appels relayés dans les médias et sur les réseaux sociaux évoquaient un simple meeting, sans anticiper une mobilisation massive.
Pourtant, le 9 mai, le terrain des Cheminots s’est rempli de manière inattendue. Les organisateurs eux-mêmes ont dû adapter la logistique en urgence. Le professeur David Ekoué Dosseh, coordinateur du FCTD et porte-parole du CNCC, l’a reconnu à la tribune : « Franchement, nous n’espérions pas qu’il y ait autant de monde. » Il s’est même excusé auprès des femmes pour le manque d’ombre, faute d’avoir anticipé une telle affluence.
Cette mobilisation, sous haute surveillance des forces de l’ordre, dépasse largement les chiffres. Elle révèle qu’au-delà des partis et des sigles, le Togolais ordinaire n’a pas renoncé. Dans un pays où tout incite à la retenue, Akassimé a fait entendre un cri longtemps contenu.
Une scène de convergence des résistances
Sur une tribune ombragée, le CNCC a réuni plusieurs figures majeures de l’opposition : Jean-Pierre Fabre (ANC), Paul Dodji Apévon (FDR), Benjamin Amouzouvi (ADDI), le professeur Komi Wolou (PSR), ainsi que des représentants de la société civile engagée.
Pour la première fois depuis longtemps, ces acteurs, souvent divisés par des querelles internes, se sont retrouvés sur un même front.
Dans ce contexte, les manifestations publiques de l’opposition ont été régulièrement interdites ou réprimées, souvent sous couvert de raisons « sécuritaires » ou sanitaires. Six ans après le basculement politique amorcé en 2020, marqué par des manœuvres et contestations électorales ayant profondément désarticulé l’opposition, la Ve République s’est imposée comme un cadre quasi inamovible : la contestation y est sanctionnée, les discours muselés et les rassemblements étouffés.
Un « ballon d’essai » devenu marée humaine
Lancé en avril 2026 par une coalition de partis d’opposition et d’organisations de la société civile (ANC, FDR, ADDI, PSR, FCTD, Novation, entre autres), le CNCC n’entendait pas, au départ, bouleverser les équilibres. Il s’agissait d’évaluer, d’observer, de mesurer la capacité de mobilisation d’un peuple que beaucoup disaient épuisé, démobilisé, voire résigné.
Les appels relayés dans les médias et sur les réseaux sociaux évoquaient un simple meeting, sans anticiper une mobilisation massive.
Pourtant, le 9 mai, le terrain des Cheminots s’est rempli de manière inattendue. Les organisateurs eux-mêmes ont dû adapter la logistique en urgence. Le professeur David Ekoué Dosseh, coordinateur du FCTD et porte-parole du CNCC, l’a reconnu à la tribune : « Franchement, nous n’espérions pas qu’il y ait autant de monde. » Il s’est même excusé auprès des femmes pour le manque d’ombre, faute d’avoir anticipé une telle affluence.
Cette mobilisation, sous haute surveillance des forces de l’ordre, dépasse largement les chiffres. Elle révèle qu’au-delà des partis et des sigles, le Togolais ordinaire n’a pas renoncé. Dans un pays où tout incite à la retenue, Akassimé a fait entendre un cri longtemps contenu.
Une scène de convergence des résistances
Sur une tribune ombragée, le CNCC a réuni plusieurs figures majeures de l’opposition : Jean-Pierre Fabre (ANC), Paul Dodji Apévon (FDR), Benjamin Amouzouvi (ADDI), le professeur Komi Wolou (PSR), ainsi que des représentants de la société civile engagée.
Pour la première fois depuis longtemps, ces acteurs, souvent divisés par des querelles internes, se sont retrouvés sur un même front.
Une autocritique assumée
Fait notable, plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de dépasser les divisions internes. Le professeur Komi Wolou a lancé un appel clair : « Aucun opposant ne doit s’en prendre à un autre. Cela affaiblit l’opposition et renforce le régime. »
Me Apévon a ajouté une dimension spirituelle : « Associez la lutte à la prière. »
Ces prises de position traduisent une prise de conscience : sans cohésion, aucune dynamique durable n’est possible.
« Le début du recommencement »
Jean-Pierre Fabre a conclu sur une note mobilisatrice : « C’est le début du recommencement. »
Le CNCC se positionne désormais comme une plateforme de transition visant le retour à l’esprit de la Constitution de 1992, la restauration des droits fondamentaux et une véritable alternance politique.
Encore en construction, la coalition a gagné à Akassimé une crédibilité nouvelle. Elle ouvre une séquence où la contestation pourrait quitter les marges pour réinvestir l’espace public, au Togo comme dans la diaspora.
Le 9 mai 2026 apparaît ainsi comme plus qu’un simple meeting : le point de départ d’un récit renouvelé. Celui d’un peuple qui, une fois encore, choisit de se relever.
Par Karl Adadé GABA