
La signature d’un protocole d’accord entre « Djibouti Espace de Réflexion et d’Échange » (DERE Institute) et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) marque une nouvelle étape dans la promotion de la participation citoyenne, de la réflexion stratégique et de l’engagement des jeunes. Cette alliance, conclue hier au siège de l’institut, ambitionne de faire émerger des solutions innovantes au service d’un développement inclusif, en cohérence avec le Plan national de développement et les Objectifs de développement durable (ODD).

Une nouvelle page s’est ouverte, mercredi, pour la gouvernance participative à Djibouti. « Djibouti Espace de Réflexion et d’Échange » (DERE Institute) et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ont officialisé un partenariat stratégique destiné à renforcer le dialogue entre les institutions, la société civile et la jeunesse autour des grands enjeux du développement national. La cérémonie de signature, organisée au siège de DERE Institute, a réuni de nombreuses personnalités du gouvernement, des représentants du corps diplomatique, des partenaires techniques et financiers, des acteurs du secteur privé, des organisations de la société civile ainsi qu’un grand nombre de jeunes venus assister à cet événement placé sous le signe de l’innovation, de la participation citoyenne et du développement durable.
Paraphé par le Directeur Exécutif de DERE Institute et la représentante résidente du PNUD à Djibouti, Mme Alessandra Roccasalvo, ce protocole d’accord constitue bien davantage qu’un simple engagement institutionnel. Il traduit une vision commune : faire de la jeunesse un moteur de transformation sociale et économique, tout en renforçant la place de la réflexion stratégique dans l’élaboration des politiques publiques. Le partenariat s’inscrit pleinement dans les priorités du Plan national de développement ainsi que dans les objectifs poursuivis par le PNUD à Djibouti. Il prévoit notamment la mise en œuvre d’initiatives favorisant le débat public, la participation citoyenne, l’innovation, l’entrepreneuriat et la promotion des Objectifs de développement durable. La présence de la ministre de la Jeunesse et de la Culture, du Secrétaire général du Gouvernement, de l’ambassadeur de l’Inde à Djibouti, de la cheffe du Service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France, ainsi que de nombreux partenaires nationaux et internationaux, a témoigné de l’intérêt suscité par cette initiative et de la confiance accordée à DERE Institute dans son rôle de laboratoire d’idées.

Une alliance pour faire émerger les idées et accompagner les réformes
Dans son intervention, la présidente de DERE Institute a rappelé la vocation première de cette structure : créer un espace où les expertises se rencontrent, où les idées se confrontent et où les solutions émergent au bénéfice de la collectivité.
« Aucun pays ne peut construire son avenir sans investir dans son intelligence collective», a-t-elle souligné, estimant que les défis économiques, sociaux et environnementaux exigent aujourd’hui une coopération fondée sur la confiance, la complémentarité et le dialogue entre tous les acteurs du développement. La représentante résidente du PNUD, Mme Alessandra Roccasalvo, a, pour sa part, salué la vision portée par DERE Institute et les échanges engagés avec son directeur exécutif et fondateur, Mahamoud Ahmed Sougue. Elle a exprimé la volonté du PNUD d’accompagner davantage cette dynamique à travers des projets en faveur de la jeunesse, de l’innovation et du développement durable.
Selon elle, ce partenariat constitue une étape importante pour renforcer les capacités des jeunes, promouvoir des initiatives innovantes et encourager une gouvernance plus inclusive, reposant sur la concertation et la participation citoyenne.
Au cours de la cérémonie, le directeur exécutif de DERE Institute M.Mahamoud Ahmed Sougueh est revenu sur le parcours de l’organisation depuis sa création. Il a présenté les principales réalisations accomplies entre 2019 et 2026, mettant en avant le rôle du think tank dans la production d’idées, le renforcement des capacités, l’accompagnement des jeunes leaders et la promotion du dialogue entre les institutions, les chercheurs, les entrepreneurs et les citoyens.
Sous son impulsion, DERE Institute s’est progressivement imposé comme un espace indépendant de réflexion stratégique. À travers des conférences, des débats publics, des programmes de mentorat, des podcasts et des rencontres telles que les « DERE Talk » ou « Lead or to be Led », l’institut encourage l’émergence d’une nouvelle génération capable d’innover, d’exercer un leadership responsable et de contribuer activement au développement du pays.
La jeunesse au cœur de la vision de demain
L’un des temps forts de cette rencontre a été l’intervention du Secrétaire général du Gouvernement M.Almis Mohamed Abdillahi , qui a salué la contribution de DERE Institute à la modernisation de l’administration et à l’ouverture des institutions envers les jeunes.
Revenant sur les importantes réformes engagées ces dernières années, notamment la digitalisation du Journal officiel, la modernisation des marchés publics et la valorisation des archives nationales, il a souligné que la réussite de ces transformations repose avant tout sur le capital humain. Il a particulièrement mis en avant le programme « Lead or to be Led », qui permet à plusieurs cohortes de jeunes d’effectuer une immersion au sein du Secrétariat général du Gouvernement afin de mieux comprendre le fonctionnement de l’administration, les mécanismes de coordination gouvernementale et les grands chantiers de réforme.
Évoquant cette expérience, il a raconté avec émotion le témoignage d’une participante qui, au terme de son immersion, avait confié avoir profondément changé son regard sur le fonctionnement de l’administration publique, illustrant ainsi l’importance de rapprocher les institutions de la jeunesse.
Pour le Secrétaire général du Gouvernement, les centres de recherche et les think tanks doivent désormais occuper une place plus importante dans la société djiboutienne. Ils constituent, selon lui, des outils indispensables pour éclairer la décision publique, nourrir le débat d’idées, développer une culture de l’anticipation et accompagner efficacement les grandes réformes engagées par l’État. Il a d’ailleurs invité les autres administrations à s’inspirer du partenariat noué avec DERE Institute afin de renforcer la recherche appliquée, d’encourager les initiatives portées par les jeunes et de promouvoir une administration plus ouverte, plus innovante et davantage tournée vers l’avenir. Au-delà de la signature du protocole d’accord, cette rencontre illustre une évolution des approches du développement à Djibouti. Les institutions publiques, les partenaires internationaux et les organisations de la société civile affichent une volonté commune de construire les politiques publiques sur la concertation, l’expertise et l’intelligence collective.
En plaçant la jeunesse au cœur de cette ambition, DERE Institute et le PNUD entendent contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de citoyens engagés, capables de porter des projets innovants et de participer pleinement à la transformation économique, sociale et institutionnelle du pays. Cette alliance ouvre ainsi de nouvelles perspectives pour le renforcement de la gouvernance participative, la promotion de l’innovation et l’accompagnement des jeunes talents. Elle confirme également la montée en puissance de DERE Institute comme acteur incontournable de la réflexion stratégique nationale et comme partenaire privilégié des institutions engagées dans la construction d’un Djibouti plus inclusif, plus résilient et résolument tourné vers l’avenir.
Saleh Ibrahim Rayaleh