Dans la sous-préfecture de Fodécariah Balimana, située à plus de 55 kilomètres du centre-ville de Kankan, les agriculteurs vivent une situation de plus en plus préoccupante. L’accès difficile aux intrants agricoles, notamment les engrais et les herbicides, freine considérablement leurs activités champêtres. Une réalité qui suscite inquiétude et frustration chez les acteurs du monde rural.
Rencontré sur son exploitation, N’Famoro Doumbouya, agriculteur, ne cache pas son désarroi. Pour lui, le principal obstacle demeure l’obtention des engrais subventionnés par l’État.
« Nos véritables difficultés ici, c’est d’abord le problème d’obtention des engrais. Quand le gouvernement en envoie, il est très difficile pour nous de nous en procurer. Il y a aussi le manque d’herbicides. Le président fait de son mieux, mais il y a un problème au niveau de son entourage. Il a de bonnes idées pour nous aider, mais si son entourage n’a pas les mêmes intentions, c’est cela qui nous fatigue », confie-t-il.

Au-delà du déficit en intrants, les difficultés d’acheminement des produits agricoles et l’absence de mécanisation viennent alourdir le quotidien des producteurs. Boukary Doumbouya, lui aussi agriculteur, estime que le système de distribution actuel pénalise fortement les paysans des zones rurales.
« Quand les intrants arrivent à Kankan, il faut remuer ciel et terre pour en avoir. C’est extrêmement compliqué. Je préconise qu’on envoie directement les engrais et autres produits dans nos sous-préfectures. Cela nous facilitera l’accès. Quitter nos localités pour aller en ville chercher ces produits, c’est incompréhensible », déplore-t-il.
Face à cette situation, les agriculteurs de Balimana lancent un appel pressant aux autorités compétentes afin qu’une solution durable soit trouvée. Ils réclament notamment l’envoi régulier d’intrants agricoles et le renforcement du parc de machines agricoles.
« Nous demandons aux autorités d’aider la communauté de Balimana en envoyant des intrants agricoles et des machines pour récolter nos champs de riz. La seule machine disponible ici ne suffit pas pour toute la communauté. Pourtant, le gouvernement a les moyens nécessaires pour nous soutenir », plaident-ils.

Comme Balimana, plusieurs autres localités à vocation agro-pastorale dans la préfecture de Kankan traversent les mêmes difficultés. Une situation qui interpelle sur la nécessité de rapprocher davantage les services agricoles des producteurs ruraux, afin de garantir la sécurité alimentaire et de renforcer la production locale.
De retour de Fodécariah Balimana, Facély Sanoh
Pour Africaguinee.com
Créé le 14 janvier 2026 07:08