CONAKRY – Longtemps cantonnée à l’exportation de minerais bruts, la Guinée veut amorcer un virage industriel. C’est dans ce cadre que le Gouvernement guinéen et ses partenaires envisagent de construire une aciérie à proximité du gisement de Simandou dont les premières cargaisons de minerais ont commencé à être exportées.
La première annonce de ce projet qui suscite des nombreuses attentes avait été faite en septembre 2025 par Djiba Diakité, chef du comité stratégique de Simandou. Plus de six mois après, Mamoudou Nagnalen Barry, président du Conseil d’administration de la Compagnie du Transguinéen (CTG), a levé le voile sur l’état d’avancement des négociations en cours sur ce dossier.
Selon l’ancien ministre de l’Agriculture, aujourd’hui à la tête du CA de la CTG, la transformation locale est devenue une condition non négociable du projet Simandou. Si les anciens accords ignoraient la valorisation locale des ressources, les nouvelles négociations ont renversé la donne.
« C’est au cours des nouvelles négociations que le chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya, a insisté sur la nécessité de changer de cap. Il n’est plus question d’exporter uniquement les ressources brutes : une partie doit désormais être transformée localement », a expliqué Mamoudou Nagnalen Barry lors d’une conférence de presse à Conakry.

Des études de faisabilité sur deux ans
L’ex ministre de l’Agriculture révèle que les économies réalisées lors de la renégociation des contrats sont désormais réinjectées dans le financement des infrastructures de transformation. Bien que le projet progresse, dit-on, à un « rythme soutenu », la patience devra rester de mise. Mamoudou Nagnalen Barry précise que les études de faisabilité pour l’aciérie devraient être bouclées d’ici environ deux ans. Pour mener à bien ce chantier, la Guinée s’appuie sur un attelage de géants mondiaux.
« Nous travaillons avec des leaders mondiaux comme Baowu Steel dans l’acier, Rio Tinto dans les mines ou encore Chinalco et Winning Consortium. Leur expertise facilite considérablement les avancées », s’est réjoui le président du CA de la CTG.
Le défi de l’énergie
Toutefois, l’ambition industrielle de la Guinée se heurte à un obstacle historique : le déficit énergétique. « Depuis l’indépendance en 1958, la Guinée n’a quasiment pas développé d’unités de transformation locale, en grande partie à cause du déficit énergétique. Si nous sommes capables d’investir massivement dans les infrastructures ferroviaires, nous pouvons également mobiliser des ressources pour développer l’énergie nécessaire », a plaidé Mamoudou Nagnalen Barry.

Il a notamment cité en exemple le dynamisme récent du secteur de la bauxite, où deux nouvelles raffineries, représentant chacune plus d’un milliard de dollars d’investissement, intègrent leurs propres solutions énergétiques.
Un climat de confiance renouvelé
« Les discussions ne sont pas toujours faciles, mais elles permettent d’aboutir à des solutions équilibrées. La transformation locale des minerais est désormais une réalité en construction. Les études sont très avancées et nous espérons voir, dans les prochaines années, les premières concrétisations d’un processus qui n’était pas envisagé auparavant », précise-t-il.
À suivre !
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 21 avril 2026 19:13