
La transformation de la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité (MMAS) en une Force de Répression des Gangs (FRG) en Haïti est une idée qui a émané initialement de l’ancien secrétaire d’Etat américain Antony Blinken. Ce dernier a su rallier les dirigeants haïtiens à cette cause en 2025, donnant ainsi l’impression que la demande provenait d’eux.
C’est dans ce contexte que le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, s’est adressé à l’ONU le mardi 9 septembre 2025 pour solliciter « la transformation de la MMAS en une force de répression des gangs », dotée d’un mandat renforcé et opérationnel.
Ainsi, « La transformation de la MMAS en une force de répression des gangs constituera également un atout majeur pour permettre à Haïti d’organiser des élections démocratiques dans les meilleurs délais, renforçant ainsi la gouvernance et la légitimité des institutions », précisait la note du Premier ministre.

Afin de concrétiser ce projet, les contingents kenyans commencent à quitter le pays en toute discrétion, tandis que les membres de la FRG arrivent pour prendre leur relève. Ainsi, le 1er avril, un contingent de soldats et de policiers tchadiens a fait son apparition à l’aéroport international. Il s’agissait d’un groupe d’au moins cinquante spécialistes en génie militaire, venus préparer les installations et les infrastructures nécessaires à l’arrivée des forces tchadiennes — un effectif qui pourrait atteindre jusqu’à 1 500 soldats. Jack Christofides, le représentant spécial de la mission, accompagnait les troupes. Contrairement à la MMAS, la FRG comptera 5 500 membres — principalement des militaires — ainsi que 50 civils.
À la différence de la MMAS, dirigée par le Kenya, cette nouvelle force disposera d’une capacité d’intervention renforcée et sera habilitée à opérer de manière autonome, notamment pour procéder à l’arrestation des membres de “gangs”.
Deux jours plus tard, le samedi 4 avril 2025, un contingent d’environ 40 hommes — provenant cette fois du Salvador — est arrivé à l’aéroport international Toussaint Louverture de Port-au-Prince pour rejoindre la FRG et renforcer la présence salvadorienne au sein de cette force multinationale. Dans un message publié par la FRG, celle-ci déclare : « Jack Christofides est arrivé à Port-au-Prince en tant que représentant spécial de la FRG, déployée à la demande du gouvernement haïtien et autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies en vertu de la résolution 2793 (2025). Une équipe précurseuse des forces tchadiennes est également arrivée, marquant le premier déploiement de troupes issues de la FRG élargie. »

Atul Khare est lui aussi retourné en Haïti. Accompagné de Daniela Kroslak, cheffe du Bureau d’appui des Nations unies en Haïti, il a rencontré le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, ainsi que la ministre des Affaires étrangères, Raina Forbin.
La République dominicaine joue un point important dans le dossier de la FRG et cela depuis la rencontre d’Antony Blinken en République Dominicaine le 6 septembre 2024 avec Luis Abinader dans le but de renforcer leur alliance stratégique. Ainsi, en février 2025, le nouveau secrétaire d’État américain Marco Rubio a rencontré le président Abinader à Saint-Domingue pour renforcer les relations bilatérales, tout en se concentrant sur la sécurité, le commerce et la crise haïtienne.
C’est dans ce contexte que le ministre dominicain des Affaires étrangères, Roberto Álvarez, a rencontré le mercredi 1er avril Atul Khare, Secrétaire général adjoint des Nations unies chargé de l’appui opérationnel, dans le cadre du déploiement de la FRG. Et la République Dominicaine est partie prenante de la soi-disant Communauté internationale assurant le leadership de cette énième mission qui sans doute ne sera pas la dernière.
Sachant de quelle manière ces réactionnaires sont capables de fomenter des complots, on observe, parallèlement à l’arrivée de la FRG, la perpétuation de massacres — tels que ceux qui sévissent dans la localité de Jean Denis. Il n’y a pas de plus grande propagande bien orchestrée que celle-là. Il s’agit là d’une manœuvre visant à mettre en scène une certaine impuissance et un crime odieux, justifiant ainsi l’arrivée des troupes.

Afin de « vendre » ces nouvelles forces qui débarquent pour servir leurs propres intérêts, la propagande impérialiste et la presse aux ordres font grand tapage autour des massacres qui ensanglantent le pays ; c’est une stratégie pour faire accepter à la population ces forces que les États-Unis et les Nations unies installent dans le pays pour défendre leur propre cause et de réprimer les masses.
Tous ceux qui croient à l’imminence d’une invasion de gangs sont déjà au fait de la situation. Les impérialistes ne sont jamais à court d’idées pour manipuler les autres et faire avancer à dessein leurs pions. Ils manipulent les esprits de tous les naïfs et recourent même au mensonge pour faire croire à la population ce qu’ils souhaitent qu’elle croie.
C’est toujours le projet américain pour Haïti qui continue de manière à faire croire aux naïfs que ce sont les gangs qui détruisent le pays alors qu’en fait ce sont eux et leurs agents locaux. C’est comme s’ils nous disaient, Haïti est l’unique pays du monde sinon de l’Amérique et même de la Caraïbe qui est infesté de gags et pourtant nous ne sommes même pas au classement des pays les plus gangstérisés.
Du Kenya au Tchad ! De la MMAS à la FRG! Même mission ! Même combat ! Au service de l’Impérialisme américain en Haïti.