Le Premier ministre du CPT, Alix Didier Fils-Aimé — qui a succédé à Garry Conille — semble se comporter davantage en marionnette de l’impérialisme américain que son prédécesseur. En effet, Alix Didier Fils-Aimé, digne disciple de René Garcia Préval, n’est pas arrivé aux affaires pour faire hausser le ton à Washington, ni pour s’attirer les foudres des Américains. Tout ce que ces derniers exigent de lui, c’est qu’il satisfasse les « patrons » ; et même lorsque ceux-ci ne formulent aucune demande, il devance leurs désirs afin de s’assurer une relation confortable avec les puissances tutélaires.
Désormais, l’opinion publique commence à comprendre pourquoi les ambassades américaine et canadienne avaient manifesté une telle colère lorsque les conseillers présidentiels de la Transition avaient écarté Fils-Aimé de la Primature pour incompétence.
Alors même que nous sommes censés traverser une période de transition, le rôle officiel de Fils-Aimé consiste à rétablir la sécurité dans le pays et à organiser des élections. Toute personne sensée aurait dû comprendre qu’il s’agit là d’un individu qui n’a jamais occupé de fonction significative dans le pays, qui est dépourvu de toute notion politique, n’ayant fait qu’une brève tentative pour briguer un siège de sénateur, sans même obtenir les suffrages du peuple. Cela signifie qu’il n’est qu’un « incendiaire politique », placé au pouvoir dans le seul but de gérer les intérêts de ceux qui l’ont imposé.

Depuis le début de l’année 2025, il dilapide les deniers publics du pays au profit de la sphère où il a été « recruté », selon les informations du Miami Herald. Un certain Carlos Trujillo — ancien membre républicain du Congrès pour la Floride et ancien ambassadeur de Trump auprès de l’Organisation des États américains, ce dernier reçoit $35 000 américains par mois, afin que sa société puisse « représenter la République d’Haïti dans le cadre d’un programme global visant à soutenir les efforts de relèvement et à améliorer la visibilité d’Haïti aux États-Unis ; à accroître les échanges commerciaux et les investissements américains ; et à aider le gouvernement à améliorer le secteur financier ainsi qu’à prendre d’autres mesures nécessaires. Cela peut également impliquer des activités de lobbying, la préparation et la diffusion de documents d’information, ainsi que des échanges avec les décideurs politiques américains. »
Vous constatez d’emblée qu’il s’agit là d’un individu qui prépare la soi-disant transition à son profit. La question des élections et de la sécurité est le cadet de ses soucis. Tout le monde sait que ce Premier ministre de facto et ses ministres planifient une transition destinée à leur permettre de se maintenir au pouvoir afin de s’enrichir sur le dos du peuple. Or, ce n’est pas ce qui est censé être décidé.
C’est dans ce contexte que, sans adresser la parole à la société, il ne dit mot à quiconque, à l’exception sans doute des diplomates du Core Group. À ce jour, aucun communiqué de presse n’a été publié, d’un côté comme de l’autre, pour fournir des explications à la population, et ce, malgré les critiques suscitées sur trois contrats totalisant 137 millions de dollars. Notamment un contrat pour la construction de trois prisons conclu entre le gouvernement haïtien et la société Metric Correctional Facility SA, d’une valeur de $85,4 millions. Sans oublier un autre accord d’une durée d’un an, portant sur la sécurité et la gestion de la frontière entre Haïti et la République dominicaine, d’une valeur de $52 millions, signé avec Windward Wyoming LLC, une société liée au mercenaire Erik Prince. Et un troisième pour une durée de 10 ans, conclu entre le gouvernement haïtien et le consortium Evergreen Group/Ense, lequel entretient des liens avec la société Vectus Global, appartenant à Erik Prince.
Quant à la légitimité d’Alix Didier Fils-Aimé, quand bien même il aurait été élu à son poste, il aurait dû être placé sous la supervision d’un parlement ; or, il est aujourd’hui le seul maître à bord, agissant sans aucun contrepoids.
La population se doit de remettre en question le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé, qui a, de fait, bafoué la souveraineté nationale. Désormais, c’est l’avenir du pays tout entier qui est en jeu, car Fils-Aimé tente de vendre la nation par morceaux, avec la complicité de ses six ministres.
Dans le journal officiel Le Moniteur n° 16, daté du 30 mars 2026, le gouvernement a publié — de manière ostensible, mais dans le plus grand secret — une révélation selon laquelle Alix Didier Fils-Aimé a signé, en un laps de temps très court, 140 contrats miniers. Pour saisir l’ampleur de cette conspiration : ils ont octroyé à une seule entreprise étrangère le droit d’explorer une zone de 2 500 kilomètres carrés. Or, la superficie totale du territoire haïtien n’est que de 27 750 kilomètres carrés. Cela signifie que si une seule entreprise s’approprie 2 500 kilomètres carrés, elle acquiert le droit de piller l’intégralité de cette zone sans que quiconque ne puisse lui en faire le reproche !

Si chacune de ces entreprises, représentant un total de 140 contrats est destiné à exploiter 2 500 kilomètres carrés sur les 27 750 km² que compte le pays, vous pouvez aisément mesurer la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvons.
Avec les 140 contrats qui viennent d’être attribués, des entreprises étrangères ont reçu le droit d’envahir chaque recoin du territoire national sous prétexte d’exploration. Quoi qu’il en soit, il est impératif de freiner cet appareil de pouvoir ; au lieu de se mettre au service de la population, c’est une petite minorité d’oligarques et d’exploiteurs internationaux qui prend le contrôle du pays pour en sucer tout le sang, tel un vampire, ne laissant rien au peuple.
Non au Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé ! Le pays n’est pas à vendre, ni en gros ni au détail !
