CONAKRY – L’angoisse est à son comble pour les proches de Mamadou Nabika Bah et Ousmane Baldé. Ces deux marchands de bétail guinéens, partis à Bamako pour s’approvisionner en moutons en prélude à la fête de Tabaski, n’ont plus donné de signe de vie depuis les événements tragiques du 25 avril dernier au Mali. Selon leurs familles, ils auraient été interpellés à l’entrée de la ville-garnison de Kati.
Originaires de la sous-préfecture de Koyin, dans la préfecture de Tougué (Moyenne-Guinée), les deux opérateurs économiques se rendaient sur l’un des plus grands marchés à bétail de la région de Bamako lorsque leur trajectoire a croisé celle du conflit malien: L’attaque terroriste.
Mamadou Ramadane Bah, frère de l’un des disparus, retrace la chronologie de ce voyage qui a basculé : « Ils sont arrivés le vendredi. Le samedi matin, ils ont pris la route pour le marché à bétail de Kati. Mamadou Nabika est mon petit frère, il avait l’habitude de se rendre au Mali. Donc, ils partaient à Kati pour s’approvisionner en bétail en prélude à la fête de Tabaski. En cours de route, ils sont tombés dans ce conflit et ont été arrêtés. Un de leurs compagnons, nommé Ousmane Dionfo, a pu appeler nos amis vendeurs de bétail maliens pour les informer de leur arrestation. »
La diplomatie guinéenne mobilisée, mais face à des blocages
Depuis cette alerte, la destination finale et le lieu de détention actuel des deux Guinéens restent totalement inconnus. Face à cette disparition inquiétante, les familles ont immédiatement alerté les autorités de Conakry. Bien que l’appareil diplomatique se soit activé, les recherches se heurtent pour l’instant à des barrières administratives et sécuritaires sur le sol malien.
« Nous avons saisi le ministère des Affaires étrangères. L’ambassade de Guinée à Bamako s’est impliquée dans les recherches, mais jusqu’à présent, ils n’ont pas trouvé de traces », explique Mamadou Ramadane Bah. « Ils sont même allés à la grande prison pour vérifier s’ils n’y étaient pas détenus, mais ils n’ont pas pu y avoir accès, le procureur n’ayant pas encore commencé ses investigations. »
L’appel de détresse des familles
L’attente devient “insupportable” pour les proches de ces commerçants, qui rappellent qu’il s’agit avant tout de soutiens de famille. « Nous sommes vraiment préoccupés. Ce sont des pères de famille. Mamadou Nabika, par exemple, a trois femmes et 13 enfants », confie son frère.
Alors que les jours passent et que la Tabaski approche, la communauté des marchands de bétail et les familles des disparus lancent un appel pressant au gouvernement guinéen pour qu’ils intensifient les démarches auprès des autorités maliennes afin d’obtenir la libération, ou du moins des nouvelles rassurantes.
Interrogé le 08 mai dernier, un responsable du ministère des Affaires Étrangères avait précisé ne pas connaître la destination exacte des deux commerçants. Il avait toutefois indiqué qu’ils auraient été arrêtés par des soldats maliens avant d’être conduits dans un camp militaire non identifié, pour des fins de contrôle.
Selon ce cadre du département dirigé par Morissanda Kouyaté, toutes les dispositions nécessaires ont été prises afin d’obtenir la libération des deux Guinéens.
« Ce qui est important, c’est que le ministère a été saisi par la famille. À son tour, le ministère qui considère cette situation comme une priorité a aussitôt saisie notre ambassade au Mali par courrier. Celle-ci est en train de servir d’interface auprès des autorités maliennes pour solliciter leur libération », avait assuré notre source.
Dossier à suivre!
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 16 mai 2026 17:44