CONAKRY– L’écrivain Édouard Kolié a été sacré lauréat du Prix Forêt d’Or – Excellence Littéraire 2026, à l’issue d’une compétition qui a réuni plusieurs écrivains originaires de la région de la Guinée Forestière. Parmi les finalistes de cette édition figuraient également Valentin Khaaba Kamano, Aubin Kolamou, Joachim Gbilimou, Faya Samy Kamano et Papa Gilbert Guemou.
Après son sacre, Édouard Kolié a livré un discours empreint de symbolisme et de revendication culturelle, portant la voix d’une région qu’il estime longtemps restée en marge des grandes scènes littéraires africaines et internationales.
« Recevoir ce Prix d’Excellence Littéraire – Forêt d’Or 2026 n’est pas le sacre d’une plume solitaire. C’est, je le crois, le premier cri d’un nouveau-né qui porte en lui le silence séculaire d’un peuple tout entier », a déclaré le lauréat devant un public composé d’acteurs culturels, d’écrivains et d’invités.
Édouard Kolié a ensuite mis en lumière l’héritage oral de la Guinée forestière, rappelant que les récits de cette région ont longtemps été transmis par la mémoire collective plutôt que par l’écrit. « Je viens d’une terre où les bibliothèques sont restées longtemps immatérielles, gravées dans la mémoire des anciens plutôt que sur la tranche des reliures », a-t-il affirmé.

Pour Édouard Kolié, la faible présence historique des écrivains forestiers dans les grands circuits littéraires ne traduit nullement une absence de créativité, mais plutôt un déficit de visibilité et de reconnaissance. « Ce prix prouve que le silence n’était pas une absence de pensée, mais une attente », a soutenu l’écrivain.
Dans la suite de son intervention, le lauréat a rendu hommage à une nouvelle génération d’auteurs issus du sud de la Guinée, qu’il considère comme porteuse d’un véritable renouveau littéraire.
« Depuis peu, une nouvelle génération d’auteurs du Sud se presse à la porte de la célébrité littéraire. Cette génération, talentueuse et engagée, y parviendra à coup sûr. C’est une certitude mathématique », a-t-il lancé.
Édouard Kolié a également salué les initiateurs du Prix Forêt d’Or, qu’il voit comme un puissant instrument de promotion culturelle et de révélation de nouveaux talents. « Organiser un tel événement, ce n’est pas seulement décerner une récompense ; c’est ouvrir une porte, c’est propulser sous les projecteurs des talents encore en friche », a-t-il déclaré.
S’adressant enfin à la jeunesse de la Guinée forestière, l’écrivain a appelé à l’affirmation de l’identité culturelle et linguistique de la région.
« Votre langue n’est pas un patois, c’est une symphonie en attente. Votre marginalité n’est pas une faiblesse, c’est un point de vue unique sur l’univers. Grâce à Forêt d’Or, ce soir, nous n’entrons pas seulement en littérature ; nous prenons place à la table du monde », a conclu Édouard Kolié.
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 28 mai 2026 17:49