
Les supérieurs du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé l’ont convoqué d’urgence à Washington afin qu’il puisse s’exprimer sur la situation actuelle dans le pays. Il a quitté le pays le dimanche 19 et devrait y revenir le 24 avril 2026. Ses supérieurs ont profité de son absence pour lui donner des instructions concernant les prochaines étapes à suivre. Il est clair que Washington n’a pas besoin d’un président en Haïti ; ce dont il n’a pas vraiment besoin – et c’est ce qu’il a tenté de faire avec Ariel Henry, en installant neuf charlatans au poste de président de transition – ce sont des personnes qui n’avaient d’autre pouvoir que de piller les caisses de l’État. Après cette mission, Washington revient à sa formule d’un pays réduit au rang de Premier ministre par un chef d’État. Cette option lui convient mieux et fait aussi l’affaire de Luis Abinader, chef d’État de la République dominicaine. Il s’agit d’une forme privilégiée de collaboration, qui leur donne le droit de lui dicter leur conduite et de lui donner des ordres à leur guise, car ce sont eux qui l’ont porté au pouvoir. C’est pourquoi, tout comme le collabo Ariel Henri, Alix-Didier ne respecte ni le peuple haïtien, ni la population, car ce n’est pas le peuple qui l’a installé à ce poste. Du pur impérialisme américain !

En effet, accompagné de la ministre des Affaires étrangères, Raina Forbin, de son conseiller spécial, Guerly Leriche, de l’ambassadeur d’Haïti aux États-Unis, Lionel Délatour, et de Ludmilla Buteau Allien, le chef du gouvernement a effectué sa première visite à la Banque mondiale le lundi 20 avril 2026, où il a reçu ses premières directives du président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga. Conformément à la primauté du pouvoir, le Premier ministre a présenté la vision du gouvernement haïtien face à une crise qui continue de peser lourdement sur le pays.
Il a été ensuite reçu le même jour à la Banque interaméricaine de développement (BID). Selon un communiqué de presse du bureau du Premier ministre, « les échanges ont porté sur les priorités nationales, notamment la sécurité, les réformes institutionnelles, le processus électoral et le développement économique durable ». Des propositions vagues, des absurdités sans fondement, le tout pour tromper le peuple haïtien.

Des choses sans importance, la Primature a même annoncé que le gouvernement a fait un rapport sur les progrès accomplis dans le pays : « Le gouvernement a présenté les progrès réalisés en matière de sécurité à Port-au-Prince et a réaffirmé sa volonté de poursuivre le rétablissement de l’autorité de l’État, la réhabilitation des infrastructures et le retour en toute sécurité de la population. » Quelle aberration !

Puis le lendemain mardi 21 avril 2026, le pantin a été reçu par le secrétaire d’État américain, Marco Rubio. Personne ne sait quels ordres il a reçus, mais les déclarations du porte-parole du département d’État, Tommy Pigot, sont déconnectées de la réalité et de la vérité. Pigot a rapporté, au nom de Rubio et adressé à Alix : « Le secrétaire s’est félicité des progrès accomplis dans le déploiement de la Force de répression des gangs et a réaffirmé la nécessité d’une mise en œuvre rapide de son mandat. » Il a également indiqué que Rubio avait félicité le Premier ministre pour son leadership. Toutes ces paroles ne visent qu’à jeter de la poudre aux yeux du peuple haïtien. Le secrétaire Rubio a par ailleurs réaffirmé le soutien du gouvernement à une reconduction pluriannuelle des programmes HOPE/HELP, afin de soutenir les efforts de stabilisation.
Puis, il s’est rendu à l’OEA pour rencontrer son ami le secrétaire général de l’OEA, Albert Ramdin. Ce dernier a publié sur X « sa conversation intéressante et encourageante d’aujourd’hui avec le Premier ministre de la République d’Haïti, Didier Fils-Aimé, confirme la nécessité du déploiement rapide de la FRG afin d’améliorer substantiellement la sûreté et la sécurité en Haïti et de faciliter la tenue en temps voulu d’élections générales »
« Dans ces deux domaines, l’Organisation des États américains accompagne le peuple et le gouvernement haïtiens. Nous appelons la communauté internationale à poursuivre et à intensifier son soutien à Haïti »
Il faut être bien naïf pour croire que c’est à cause de ces propos que Washington avait convoqué le Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé.