
Le dimanche 26 avril 2026, le ministre des Affaires sociales et du Travail (MAST), Marc Élie Nelson, a effectué une visite dans le Grand-Nord et plus particulièrement dans la deuxième ville du pays, le Cap-Haïtien.
Il était accompagné de Michel Casséus, représentant du Fonds d’Assistance Économique et Sociale (FAES), de Jhony Raphaël, Directeur Général de la Caisse d’Assistance Sociale (CAS), ainsi que des membres de la délégation gouvernementale.
Le ministre avait apporté avec lui une grande quantité de kits alimentaires — riz, pois, spaghettis, huile, entre autres — destinés aux habitants de certains quartiers, donnant l’impression que l’État venait leur faire la charité.

C’est précisément la raison pour laquelle ils maintiennent la population dans cette misère atroce : afin de pouvoir ensuite se présenter en sauveur, ou du moins en bienfaiteur. Selon le MAST, à Sainte Philomène 500 familles ont bénéficié, ce dimanche, de cet accompagnement.
Ce fut totalement le contraire à Cité Champin. La population, venue initialement écouter le message que le ministre lui apportait, a sombré dans la consternation en voyant que ce dernier s’affairait, avec ses acolytes, à organiser une distribution de nourriture. Elle a alors lancé une protestation spontanée contre le gouvernement de transition, accusé d’avoir totalement pillé le pays et de n’avoir rien fait pour garantir un avenir au peuple — un peuple plongé dans un chômage perpétuel. Les résidents ont signifié au ministre qu’ils n’avaient pas besoin de ce type de réponses ponctuelles.
Ils ont rappelé que tous les gouvernements réactionnaires qui se sont succédé n’ont fait qu’apporter de la nourriture, sans jamais aider les agriculteurs à obtenir les subventions ou les engrais nécessaires pour accroître la production nationale. La production agricole étant en déclin, ces types de gouvernements ont contraint le pays à devenir de plus en plus dépendant des importations étrangères, sabotant ainsi nos produits locaux.
L’agriculture du pays est ruinée ; les routes ne sont pas construites et, pour les rares qui existent, les autorités préfèrent laisser le champ libre aux bandits — une situation qui empêche les agriculteurs de produire. Même les canaux d’irrigation existants ne bénéficient d’aucun soutien de l’État pour leur aménagement, privant ainsi les agriculteurs de l’eau essentielle à leurs cultures.
La population affirme que leurs véritables priorités pour le moment sont l’assainissement des réseaux d’eau, la réhabilitation des routes, la création d’emplois durables pour les travailleurs, ainsi que la construction d’écoles et d’hôpitaux de qualité. « Ne venez pas nous jeter de la poudre aux yeux avec de maigres kits alimentaires, pour ensuite aller claironner que vous avez apporté de l’aide aux habitants de Champin ! »
Le ministre ne s’attendait pas à un tel revers ; Il resta sans voix, jusqu’à ce qu’il soit contraint de fuir les lieux. Pour ces dirigeants, l’action sociale se résume à distribuer de petits kits aux démunis — une aide dérisoire qui ne suffira même pas pour une journée. En revanche, si une personne travaille, elle est en mesure de subvenir correctement à ses propres besoins ainsi qu’à ceux de sa famille. «« Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas de riz, c’est du travail », ont-ils déclaré catégoriquement à la face du ministre.

C’est précisément dans ce contexte que, au sein de la capitale — et plus particulièrement au MAST —, les employés ne sont pas rémunérés, alors même que le ministre a préféré inaugurer le 23 avril 2026 dernier un restaurant destiné au personnel des ministères.
Par ailleurs, une délégation ministérielle conduite par le titulaire du MAST, Marc-Élie Nelson, est arrivée à Jérémie dans le cadre d’une mission officielle du 27 au 30 avril 2026 dans le Sud et la Grand’Anse. Nous espérons que ce ne seront pas, une fois de plus, des kits alimentaires qui seront distribués à ces personnes.