
Le gouvernement de l’homme d’affaires Luis Abinader a lancé une nouvelle attaque contre les droits démocratiques du peuple dominicain en réprimant la fête du Gagá (Rara), une tradition culturelle d’origine africaine célébrée en République dominicaine et en Haïti. Suite aux directives répressives du ministère de l’Intérieur et de la Police, dirigé par Faride Raful, des agents de la Police nationale ont attaqué une bande de Gagá (Rara) dans la municipalité de Villa Hermosa, province de La Romana, aux premières heures du vendredi 3 avril. Cinq musiciens ont été arbitrairement détenus et la police a confisqué plusieurs instruments de musique.
Le gouvernement de droite du PRM ne cache pas ses tendances répressives et racistes, ni sa haine de la culture, réprimant les célébrations culturelles et religieuses, érodant les droits démocratiques du peuple dominicain et perpétuant les pires traditions des régimes Trujillo et Balaguer sous le faux prétexte de « l’ordre public et de la sécurité des citoyens ».
La Police nationale a diffusé une photo des personnes détenues arbitrairement, se vantant de criminaliser la liberté religieuse et culturelle, comme sous les dictatures. L’Association dominicaine Gagá (ADOGA) avait déjà alerté le public sur la décision du gouvernement de criminaliser à nouveau la fête de Gagá cette année.


Le jeudi 2 avril, le folkloriste et porte-parole de l’ADOGA, Roldán Mármol, a annoncé que le ministère de l’Intérieur et la Police avaient imposé des restrictions arbitraires à la fête de Gagá, interdisant les festivités traditionnelles du Jeudi saint au soir, instaurant un couvre-feu culturel à partir de 18h et prohibant les processions du Vendredi saint. « Nous savons tous que c’est la nuit que se déroulent les dernières prières et les derniers rituels, liés à l’accomplissement des vœux lors de la fête de Gagá ; c’est ce qui donne sens et cohésion spirituelle à cette expression culturelle », a averti Mármol, rappelant que des restrictions avaient déjà été imposées à cette fête traditionnelle l’année précédente et condamnant le silence du ministère de la Culture.
En mai 2025, après que le vice-ministre du Patrimoine culturel, Gamal Michelen, eut reconnu que le gá faisait partie du patrimoine culturel dominicain, le ministre de la Culture, Roberto Salcedo, répliqua en déclarant que le gouvernement ne promouvrait que les expressions culturelles « 100 % dominicaines », citant le merengue en exemple. Cette déclaration démontrait son ignorance et son alignement sur les politiques culturelles de l’ère Trujillo, qui tendent à étrangeriser les traditions afro-dominicaines, tout en ignorant les influences africaines présentes dans le merengue.

Outre le racisme flagrant du gouvernement néo-Trujillo d’Abinader, ce gouvernement est allié à des secteurs chrétiens fanatiques et fondamentalistes qui cherchent à éradiquer toutes les expressions culturelles telles que le Rara, le Salve, les Cachúas de Cabral, les Congos de Villa Mella, entre autres, qui ont également subi la répression. Le Mouvement des travailleurs socialistes (MST) a dénoncé l’aggravation d’un régime d’oppression raciste en République dominicaine, sous le gouvernement de droite et pro-entreprises du PRM.
Mouvement des travailleurs socialistes de la République dominicaine 5 Avril 2026