Des chansons sur l’air mobutiste « Lokuta monéné Oyo a kanissaki PCT éko kufa waya » pullulent au hit-parade de la propagande pro-Sassou. En l’occurrence pendant cette campagne 2026 ça été charivari à tue-tête. Au Congo-Brazzaville, on se croirait dans les années 1970/80, sous la dictature de Mobutu Séssé Séko, Roi du Zaïre. quand toute la République était polluée par une propagande hystérique. Ce fut l’époque du Dja lélo.
Sous Sassou on voit fleurir partout des groupes Kaké chantant dja lélo, faisant l’éloge de l’Homme du 8 février et du 5 juin 1997. Partout dans l’espace de la propagande se dressent également des grands musiciens ( Roga-Roga, Fukushima Afara Tséna, Diesel Gucci, Tidiane Mario…) comme, à son époque, sous le MPR, Franco et son Ok-Jazz, groupe idéologique de la politique de L’authenticité.
Si les deux capitales Brazzaville et Pointe-Noire sont sous la domination de l’idéologie dite AVENIR DES MBOCHI, les Départements du Congo ne sont pas non plus en reste quand Le Pool, réputé rebelle soutient, sous emprise idéologique, à 100 % Denis Sassou-Nguesso, implorant même Alias Lékufé de se présenter aux élections et de rester au Pouvoir à l’infini. On vit une époque épique au Congo de Sassou.
Baroud d’honneur
Les refrains militants d’outre-fleuve ont pourtant été le chant de cygne du mobutisme. Mobutu Sessé Séko a finalement mordu la poussière, lui qu’on disait éternel comme un diamant. Ce n’est alors pas intelligent de se servir du répertoire « zaïrois » comme hymne par l’empereur de la Nkeni/Alima. Est-ce un baroud d’honneur comme font ceux qui savent qu’ils n’en ont plus pour longtemps ? Si les dja lélo étaient des ballades des gens heureux, en tout cas elles n’ont pas porté chance au Président-Maréchal Mobutu chassé, coup de pied au cul, comme un maire azuréen viré par son frère ennemi alias Brutus Benito à Nice. MDR.
Il y aura inéluctablement un Bally Bagayogo congolais pour instaurer la rupture avec l’oyocratie et créer une Nouvelle France à la Congolaise !
Quand les professeurs en mélodie du PCT (Ferréol Ngassakys, Ibombon, Digne Elvis Okombi Tsalissa, ) croient que les refrains de la JMPR procurent la baraka c’est qu’ ils sont mauvais lecteurs de l’histoire du Bassin du Congo et quoiqu’ils soient du mauvais côté de la barricade c’est ce dont ils semblent se fiche. Point besoin d’être politologue chevronné pour savoir que Mobutu et Sassou : même destin de chute de l’être dans le néant.
Avec son mbata ya ba kolo, le pitbull , Jean-François Ndenguet, en fit voir de toutes les couleurs à nos frères rive gauche mais n’admire pas moins les méthodes de pouvoir de Mobutu. Allez-y comprendre quelque chose !
Marbre de l’éternité
Sassou « ad vitam aeternam » crient les mobutistes made in Oyo après la réélection brejnévienne du 15 mars 2026. Ils éructent comme s’ils n’avaient pas lu Nietzche qui dit, ô folie, que Dieu pouvait mourir, que l’homme était immortel. Or Socrate postule : tout homme est mortel… et Sassou est un homme. Conclusion : Sassou est mortel. Ce serait dément et démon de l’inscrire dans le marbre de l’éternité existentielle.
Lorsque sourire et rictus sur la commissure des lèvres Sassou reprend les tics de discours de Kuku Mbendzo Waza Banga (nié nié, nié ! ) pour indiquer aux jeunes d’aller chercher du boulot ailleurs qu’à la Fonction Publique, c’est du mauvais théâtre de boulevard ( comédie dell’arte où on improvise au fur et à mesure que la pièce se déroule) doublé de cynisme seum. Toujours l’apophtegme de l’hôpital qui se moque de l’hospice.
Mâ Loukoula
Avec Eudoxie Yao de la rue Bangala et Camille Makosso, les stratèges en communication du PCT auraient bien fait d’associer Gaou Gohou pour monter la mayonnaise comique (et peut-être aussi par nationalisme associer (Ma Loukoula) étant entendu que, pour parodier Rabelais, le rire grotesque est le propre de l’homme politique congolais. Des Mâ Loukoula on en a à revendre, mais cela n’empêche pas les idéologues de Mpila d’avoir recours à des Kinois façon Vue de loin, Modéro, Kalunga, Koffi Olomidé, Werrason, JB Mpiana pour cirer les crocos de monsieur 94% (en réalité 10%)
Le bouffon d’Oyo sait mieux que quiconque que la Fonction Publique congolaise est depuis des lustres Fonction Privée, chasse gardée du clan, que pour être recruté ce n’est pas par voie de concours mais par voix ethnocentrique ou par népotisme.
Manu Dibango
Plagiat, détournements de chants, parodies, droits d’auteurs, voix de fausset : autant de faisceau d’indices pour un procès en faux et usage de faux. Les chansons de la révolution MPR sont des marques déposées protégées par la Loi de Mazadis. Le MPR aurait beau jeu de revendiquer ses droits d’auteurs. Les groupes folkloriques Edénda ou les Roga-Roga sont incapables d’écrire de belles mélodies en l’honneur de leur leader d’Edou-Penda. Souvenons-nous de Manu Dibango. Pour un clin d’œil de Soul Makossa dans un tube de Michael Jackson, alias The King de la Pop casqua.
Emile Biayenda
Au cœur du vacarme municipal en France, dans le contexte du bruit et de la fureur, le coup d’audace de Sassou a néanmoins interpelé Emmanuel Todd, grand démographe d’ordinaire préoccupé par les sujets majeurs de la géopolitique mondiale. Mais ce qui se passe dans la pétrocratie congolaise : trop c’est trop. La farce de Sassou a dépassé la ligne rouge de l’inacceptable. La science politique s’en est emparée. 45 ans de pouvoir sans partage, presque autant de temps que Marien Ngouabi inhumé dans son mausolée et autant de temps que le Cardinal Emile Biayenda gît dans La Cathédrale Sacré Cœur de Brazzaville, presque 50 ans de règne, il était temps que les projecteurs de la science éclairent les ténèbres congolaises. Il faut un dégagisme de (en) force de l’homme qui s’est auto-évalué 94,85%. Emmanuel Todd a sévèrement consacré une vidéo sur la débauche politique de Sassou alias Mobutu.
Le choix
Par ailleurs, d’origine juive, écœuré par l’instrumentalisation de l’antisémitisme par les frontistes, Emmanuel Todd a dit que s’il faut choisir, en cas de rafle, entre se cacher comme dans les années 1930 chez un Front National ou chez un Insoumis, il choisirait chez l’Insoumis.
Entre la misère des Congolais et le pétrole, Sassou a choisi l’enrichissement de son clan et la transmission dynastique du pouvoir à son fils (moitié “Zaïrois”) Denis Christel Sassou.
Sassou, plus mobutiste que jamais, peut se prévaloir d’inspirer à son tour Antoine Tsisékédi wa Mulomba, un habitué de la route d’Oyo. En cas de coup dur en RDC, parions que Wa Mulumba Kalombo Tsisékédi, ira se cacher à Edou, chez son modèle politique Sassou.
Thierry Oko