
Une étude menée par des scientifiques de l’ORREC, publiée dans la revue Scientific Reports (Nature), apporte un éclairage important sur l’évolution des mangroves de Godoria, au nord de Djibouti, et plus largement sur la vulnérabilité des écosystèmes côtiers face aux variations climatiques.
Selon les résultats, entre 1987 et 2012, les mangroves ont enregistré une perte de 30,5 % de leur superficie, avant de connaître une reprise partielle après 2015, liée à des conditions hydrologiques plus favorables, notamment une amélioration des précipitations. Au-delà de cet écosystème spécifique, l’étude met en évidence un facteur central : la pluie. Les chercheurs montrent que les précipitations influencent directement la santé de la végétation. En période de sécheresse, les plantes s’affaiblissent, les sols se dégradent et la productivité diminue. À l’inverse, les années humides favorisent une régénération naturelle des écosystèmes. Ces résultats ont des implications directes pour le pastoralisme. Ils ouvrent la voie à une meilleure anticipation des zones de pâturage grâce aux outils de suivi climatique et satellitaire, permettant d’optimiser la mobilité des troupeaux et de limiter le surpâturage.
Ils sont également essentiels pour l’agriculture, en soulignant la nécessité d’une gestion plus efficace de l’eau, du stockage des pluies, de l’irrigation raisonnée et de l’adaptation des cultures aux conditions climatiques. Cette étude confirme enfin que le renforcement du suivi climatique, de la télédétection et de la planification territoriale constitue un levier stratégique pour la sécurité alimentaire, la résilience rurale et la stabilité économique de Djibouti.