CONAKRY- Investi président de la République de Guinée, Mamadi Doumbouya entame son septennat sous le signe du rassemblement. Quelles sont les attentes et priorités des citoyens vis-à-vis du nouveau chef de l’État pour les sept années à venir? Des femmes au marché, de personnes vivant avec un handicap, ou encore des entrepreneurs, ou de responsables syndicaux les guinéens expriment les réformes et actions qu’ils jugent urgentes pour le nouveau.
Rencontrée au marché de la Tannerie, récemment touché par une opération de déguerpissement, Fanta Cissé, commerçante, lance un appel fort au nouveau président.« Nous, les femmes, nous nous levons très tôt et nous nous couchons tard pour subvenir aux besoins de nos enfants. Aujourd’hui, après le déguerpissement, nous n’avons plus d’endroit où vendre. La première réforme que nous attendons du président Mamadi Doumbouya, c’est la reconstruction des marchés afin que les femmes puissent travailler dans des conditions normales », a-t-elle plaidé.

Journaliste animateur non-voyant, Mamadou Baldé met l’accent sur l’inclusion sociale et professionnelle des personnes vivant avec un handicap. « Beaucoup d’handicapés ont fait des études et disposent de diplômes universitaires ou professionnels. Pourtant, ils sont exclus de la fonction publique. Nous demandons au président de nous accorder une place au sein de l’administration. En Guinée, être handicapé ne doit plus être synonyme de malédiction », a-t-il déclaré, appelant le chef de l’État à rester attentif à cette frange de la population.
Pour Diallo Mamadou Bailo, entrepreneur, le développement de la Guinée passe par des actes concrets, notamment dans le domaine des infrastructures routières et de l’emploi des jeunes. « Le président doit continuer le travail qu’il a déjà entamé, surtout sur les routes. Aujourd’hui, les Guinéens n’ont plus besoin de discours, mais d’actions. Il faut aussi soutenir les entrepreneurs et créer un véritable marché de l’emploi pour réduire le chômage des jeunes diplômés », a-t-il souligné.

De son côté, le secrétaire général par intérim de la Fédération de l’hôtellerie, du tourisme et de la restauration, estime que le développement du capital humain doit être la priorité.
« La base du développement d’un pays, c’est l’éducation. Ensuite viennent l’agriculture et le tourisme. La Guinée dispose d’un énorme potentiel touristique qui peut générer des recettes importantes pour l’État », a-t-il expliqué, tout en dénonçant les conditions de travail précaires des employés du secteur hôtelier.

Djibril Bangoura, citoyen, insiste sur la transparence dans le recrutement et la résolution de la crise éducative. « Il faut revoir le système d’emploi sans favoritisme. Beaucoup de jeunes diplômés souffrent. L’éducation aussi a été fortement perturbée. Le président doit dialoguer avec les syndicats pour stabiliser l’école guinéenne », a-t-il indiqué, avant de rappeler l’importance stratégique de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche pour le développement du pays.
Une Guinée pleine d’espoir, mais exigeante
Les attentes sont nombreuses et variées. Si les citoyens reconnaissent les efforts déjà engagés, ils appellent unanimement à des réformes profondes, inclusives et durables, capables de répondre aux réalités sociales, économiques et humaines de la Guinée. Tous espèrent que ce nouveau mandat sera celui de la consolidation, du développement équitable et d’une Guinée tournée vers l’avenir.
Le président de la République quant à lui a dédié son mandat aux femmes et aux jeunes. Il a réitéré sa main tendu à les guinéens pour bâtir le pays. Mamadi Doumbouya a promis de gouverner dans la transparence.
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 19 janvier 2026 07:54