CONAKRY –Réuni en conférence de presse ce samedi 25 avril à Conakry, le parti FRONDEG a dénoncé le “rejet” de ses listes de candidature dans plusieurs circonscriptions stratégiques. La formation politique arrivée 2ème à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, menace de se retirer purement et simplement de la course.
Les grieffs formulés par le parti portent sur treize (13) circonscriptions à savoir : Tombolia, Sanoyah, Manéah, Matam, Ratoma, Lambanyi, Kouriah, Kankan, Siguiri, Kintinian, Boké, Sangarédi et Tamita (Boffa).
Le président du FRONDEG, Abdoulaye Yéro Baldé, s’appuie sur l’article 242 du Code électoral, qui stipule, selon lui, que tout rejet de candidature doit être motivé et notifié dans un délai de dix (10) jours après le dépôt du dossier.
« En l’espèce, aucune notification n’a été faite dans les délais ; aucun motif n’a été communiqué au Parti », a fustigé M. Baldé.
Le leader politique accuse l’administration électorale de tentatives de falsification : « Des informations concordantes indiquent que des démembrements ont tenté de remettre aux mandataires des documents antidatés pour justifier a posteriori ces rejets. De tels agissements traduisent une tentative de régularisation irrégulière d’une procédure viciée. »

Le président du parti a également affirmé que dans plusieurs localités, le Trésor public aurait refusé d’encaisser les cautions du parti pour un prétendu dépassement de délai, privant ainsi le FRONDEG de son droit de régularisation. Le parti dit avoir introduit des recours devant les tribunaux de Première Instance, tout en agitant le spectre d’un boycott total.
Qu’en dit la DGE ?
Hier en conférence de presse, la Directrice de la Direction Générale des Élections (DGE), Djénabou Touré, a tenu à clarifier les procédures. Elle avait rappelé que l’institution n’intervient pas dans les choix internes des formations politiques.
« La DGE ne sélectionne pas les candidats, elle reçoit les candidatures. Pour la liste nationale à la proportionnelle, les partis doivent organiser un congrès d’investiture et fournir un procès-verbal. Si nous appliquions la loi dans toute sa rigueur, beaucoup diraient que nous avons éliminé énormément de gens », a-t-elle précisé.

Sur la question des têtes de liste, souvent source de tensions internes au sein des partis, Mme Touré a été catégorique : la DGE n’est pas responsable du positionnement des candidats.
« Il faut être clair : être premier sur une liste ne signifie pas automatiquement que vous êtes tête de liste. Après la décision de la Cour, les 28 partis engagés doivent nous soumettre officiellement l’identité et la photo de celui qui conduira leur liste », a-t-elle martelé, invitant les acteurs politiques à la responsabilité.
Elle écarte toute volonté de son institution d’évincer des candidats : « Dire que la DGE a enlevé un nom est infondé. Au contraire, la DGE donne la chance à une liste de ne pas être invalidée en demandant des remplacements si nécessaire. »
Dansa Camara
Pour Africaguinee.com
Créé le 25 avril 2026 17:37