Plusieurs centaines de militants du parti d’opposition Les Transformateurs se sont rassemblés le 29 avril, à N’Djamena, pour réclamer la libération de leur chef, principal opposant et ancien Premier ministre détenu depuis près d’un an au Tchad.
Le rendez-vous, au siège du parti, marquait le huitième anniversaire de la création des Transformateurs, le mouvement d’opposition le plus populaire au Tchad. Il s’est tenu au lendemain du placement sous mandat de dépôt de huit membres du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), une plateforme de l’opposition au régime du président Mahamat Idriss Déby Itno.

Des centaines de militants, essentiellement des jeunes, ont répondu à l’appel des Transformateurs. Ils ont protesté sous une chaleur écrasante, brandissant des affiches appelant à la libération de leur président, Succès Masra.
« Un innocent, se trouve aujourd’hui privé de liberté, privé de ses droits fondamentaux, pour avoir porté la voix et incarné l’espérance de tout le peuple », a déclaré Nagorngar Tog-Yeum, secrétaire général du parti les Transformateurs.
Condamné en août 2025 à vingt ans de prison ferme
« Je voudrais avoir une pensée pour les dirigeants politiques arrêtés dans l’arbitraire total le week-end dernier, et qui, comme le président Succès Masra, n’ont rien à faire en prison, nous exigeons leur libération », a ajouté le secrétaire général, en référence aux huit détenus du GCAP.
Depuis 2018, lorsque le Tchad était présidé par Idriss Déby Itno, père de l’actuel chef de l’État, Succès Masra était la seule figure de l’opposition capable de mobiliser des milliers de personnes dans la capitale pour des manifestations exclusivement réprimées, parfois dans le sang.A lire :
Au Tchad, huit opposants à Mahamat Idriss Déby Itno placés en détention provisoire
En août 2025, l’ancien Premier ministre a été condamné à vingt ans de prison ferme par le tribunal de grande instance de N’Djamena. Il a été reconnu coupable de « diffusion de message à caractère haineux et xénophobe » et de « complicité de meurtre » dans le cadre du drame de Mandakao où 42 personnes ont été tuées en mai dans un conflit intercommunautaire.
Économiste formé en France et au Cameroun, Succès Masra, 42 ans, avait été nommé Premier ministre cinq mois avant l’élection présidentielle de mai 2024 à laquelle il s’était porté candidat face au président Mahamat Idriss Déby Itno, proclamé vainqueur avec plus de 60 % des suffrages.
(Avec AFP)
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