L’artisanat constitue le secteur sur lequel l’Union européenne dit « miser particulièrement » en Tunisie. C’est ce qu’a affirmé l’ambassadeur Giuseppe Perrone lors de la clôture de la première phase du programme Creative Tunisia, lundi au Palais des Congrès de Tunis, annonçant dans la foulée la poursuite du programme et la continuité du partenariat avec le ministère du Tourisme.
L’ambassadeur a justifié cette priorité accordée à l’artisanat par trois facteurs convergents : la forte représentation des femmes dans ce secteur, son potentiel à l’exportation et le niveau élevé d’informalité qui le caractérise, autant d’axes que la coopération européenne entend traiter de manière structurelle. Il a décrit l’approche globale du programme comme « holistique », combinant valorisation des compétences traditionnelles, développement du tourisme durable et exploitation du patrimoine culturel pour générer des dynamiques de croissance locale et améliorer l’employabilité, en particulier des jeunes et des femmes.
C’est dans ce cadre que s’est inscrit Creative Tunisia, programme cofinancé par l’Italie et mis en œuvre par son agence nationale de coopération, auquel ont également participé la France via Expertise France et l’Allemagne via la GIZ. Articulé autour de trois axes, soutien à l’artisanat et aux industries traditionnelles, appui au tourisme durable et valorisation du patrimoine culturel, il a mobilisé pendant sept ans plusieurs entités partenaires dont les représentants étaient réunis lundi aux côtés de la coordinatrice résidente des Nations Unies et de plusieurs ambassadrices et ambassadeurs. L’ambassadeur Perrone a indiqué avoir personnellement visité des projets conduits dans des villes comme Gafsa et Gabès, où il a constaté l’enthousiasme des participants et l’impact réel du programme sur la vie des bénéficiaires.
La pérennisation des acquis s’impose désormais comme le principal défi identifié. L’ambassadeur a souligné qu’il ne suffisait pas d’enclencher des dynamiques positives : les structures créées dans le cadre du programme doivent être dotées d’une gouvernance solide, capable d’en assurer la continuité sans dépendre indéfiniment d’un financement extérieur.
Clôturant son intervention, Giuseppe Perrone a tenu à distinguer la nature de l’engagement européen de toute logique commerciale. Il a affirmé que l’Union européenne n’intervient pas en Tunisie pour « saisir des opportunités commerciales », mais parce qu’elle partage avec
Tunis une vision commune de l’avenir économique et social du pays. Invoquant la proximité géographique et l’histoire commune entre les deux rives de la Méditerranée, il a qualifié le partenariat UE-Tunisie de « tout à fait spécial », positionnant l’action européenne à un niveau qu’il a dit « stratégique ».