CONAKRY – Condamné à deux ans d’emprisonnement pour offense au chef de l’État, Aliou Bah a déjà purgé un an. Alors que le Président Doumbouya entame un nouveau septennat sous le signe de l’unité, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo a indiqué qu’il serait favorable à une éventuelle grâce présidentielle en faveur du jeune leader politique. Comment réagit le Mouvement Démocratique Libéral (MoDeL) par rapport à cette déclaration? Explications.
« Lorsqu’un membre du gouvernement évoque publiquement la clémence, cela mérite d’être écouté avec attention et sens des responsabilités », a réagi Elhadj Abdoulaye Amie Soumah, vice-président du MoDeL joint par Africaguinee.com ce samedi 10 janvier 2026.
« Pour nous, au MoDeL, toute parole qui va dans le sens de l’apaisement, de l’humanisme et de la réconciliation nationale est une parole utile », ajoute le deuxième responsable du parti.
La Guinée traverse une période où chaque geste et chaque mot peuvent contribuer soit à réduire les tensions, soit à les aggraver, souligne le MoDeL. Dans ce contexte, appeler à la clémence relève d’une démarche inscrite dans une logique de sagesse.
« Cela dit, nous restons lucides. La clémence ne doit pas être perçue comme une faveur accordée à un individu, mais comme un acte de grandeur de l’État, surtout lorsque l’homme concerné est reconnu pour son engagement pacifique, son attachement au dialogue et au respect des institutions », ajoute Elhadj Amie Soumah.

Pour ce cadre du MoDeL, Aliou BAH est un homme non violent qui n’a jamais appelé à la déstabilisation du pays. “Le maintenir en détention ne sert ni l’apaisement politique ni l’intérêt supérieur de la nation. Sa libération serait un signal fort, non seulement pour le MoDeL, mais aussi pour l’ensemble des Guinéens attachés à la paix et à la cohésion nationale », poursuit-il.
Si une grâce présidentielle permettrait au leader du MoDeL de recouvrer la liberté de mouvement et de quitter la Maison centrale, la question de ses droits civils et politiques demeure posée. En effet, au regard du Code électoral en vigueur, notamment la section I, sous-section III, relative aux conditions d’inéligibilité à la magistrature suprême, une grâce présidentielle ne rétablirait pas automatiquement son éligibilité. Selon l’article 135, Aliou Bah pourrait demeurer privé de ses droits politiques.
À suivre !
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 10 janvier 2026 15:51