CONAKRY – Le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget a lancé ce jeudi 7 mai 2026 la revue annuelle de performance des projets financés par les partenaires techniques et financiers (PTF). Dans un contexte marqué par l’ambition nationale de transformation économique, le Gouvernement et ses bailleurs cherchent à lever les goulots d’étranglement pour maximiser l’impact des investissements actifs et attendus dans le cadre du programme Simandou 2040.
Réunis dans un complexe hôtelier de la capitale, les membres du Gouvernement, les diplomates et les représentants des institutions internationales ont dressé un état des lieux sans complaisance. Si les relations avec les bailleurs sont jugées excellentes, le défi de la capacité d’absorption reste entier.

Le programme Simandou 2040, cadre unique
Pour la Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, cette rencontre ne se limite pas à un exercice comptable. Elle s’inscrit dans une vision de long terme portée par le chef de l’État.
« La présente revue s’inscrit dans un contexte marqué par le démarrage effectif des mégaprojets du programme de développement socio-économique durable et responsable Simandou 2040, qui est l’unique cadre de référence pour toutes les interventions du gouvernement et des partenaires au développement pour les 15 prochaines années. […] Cette revue est l’opportunité de repenser notre approche dans la mise en œuvre des projets. C’est vrai que les taux d’exécution se sont améliorés ces dernières années, cependant, il y a encore des opportunités d’amélioration et il y a un impératif d’accélérer la mise en œuvre (des projets) au vu des ambitions de développement de notre pays », a-t-elle souligné.

Un portefeuille de 4 milliards de dollars à dynamiser
Les chiffres présentés lors de l’ouverture des travaux illustrent l’ampleur du portefeuille guinéen. Avec 53 projets actifs, le pays mobilise d’importantes ressources, mais le taux de décaissement moyen de 47,15 % indique qu’une marge de progression substantielle existe. Détaillant les engagements actuels par institution, la ministre Sylla a indiqué :
- Banque mondiale : 1,127 milliard de dollars (12 projets) – Taux de décaissement : 32 %.
- Banque islamique de développement (BID) : 1,188 milliard de dollars (20 projets) – Taux de décaissement : 52 %.
- Banque africaine de développement (BAD) : 407 millions d’unités de compte (23 opérations) – Taux de décaissement : 40,6 %.

Ayant elle-même évolué par le passé au sein d’institutions internationales, Mariama Ciré Sylla a déploré une perception erronée de la propriété des programmes. « Il nous faut aussi repenser la manière de maximiser l’appropriation de l’administration. Parfois, je me suis rendu compte que dans certains départements, on disait toujours : « c’est le projet de la Banque mondiale ». Mais ce n’est pas le projet de la Banque mondiale ! C’est soit un don, soit un prêt que la Guinée prend pour exécuter son projet, un projet qui contribue à son développement et qui est aligné avec ses priorités. […]», a-t-elle lancé.

Le plaidoyer de la Banque mondiale
Le représentant résident de la Banque mondiale, Issa Diaw, a abondé dans le même sens, rappelant que derrière chaque chiffre se cache un enjeu humain. Il a souligné que le passage à l’échelle de Simandou nécessite une solidité structurelle accrue.
« Chaque dollar non décaissé, c’est une école non construite, c’est un service de santé retardé, c’est une opportunité économique qui ne se réalise pas. Et ça, c’est notre responsabilité. […] Il va falloir qu’on ait des structures beaucoup plus solides pour non seulement élaborer les projets, mais les mettre en œuvre de manière beaucoup plus efficace », a préconisé M. Diaw.

Innovation et reddition de comptes
Pour relever le défi des 122 mégaprojets attendus sous l’ère Simandou 2040, le Gouvernement mise sur la digitalisation et le suivi rapproché. La Ministre a insisté sur l’utilisation des « Delivery Units » sectorielles et de l’outil national de suivi-évaluation lancé récemment. Elle a annoncé que les travaux de cette revue aboutiront à la signature de contrats de performance pour l’exercice 2026 par tous les coordonnateurs de projets.

« Cet acte majeur symbolise le renforcement du principe de redevabilité prôné par le Président de la République dont l’objectif principal est d’améliorer substantiellement la capacité d’absorption de notre pays”, a précisé la ministre, invite les parties prenantes à tirer profit des faiblesses constatées dans le passé.
A suivre!
Boubacar 1 DIALLO
Pour Africaguinee.com
Créé le 7 mai 2026 17:11