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Dans un exercice de redevabilité exigé annuellement des membres du gouvernement par le Président de la République, Chef de l‘Etat, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, le Général de Division Mohamed Toumba, a dressé un bilan positif de son département ministériel. Sur les ondes de la télévision publique RTN où il s’est exprimé dans un entretien, le patron des Forces de sécurité intérieure (FSI) du Niger et membre du CNSP a également annoncé des perspectives heureuses pour le Niger qui évolue désormais au sein de la Confédération des Etats du Sahel. Parmi les mesures annoncées figure un redécoupage administratif qui prévoit la création de nouvelles régions.
Depuis le 23 juillet 2026, a indiqué le général Mohamed Toumba, une inflexion a été opérée au Niger grâce aux efforts conjugués du gouvernement, des Forces de défense et de sécurité, mais surtout de la population nigérienne à qui il a adressé une mention spéciale tout au long de son intervention. Cette collaboration, a-t-il poursuivi, a permis d’améliorer la situation sur plusieurs axes stratégiques, notamment en matière de sécurisation du territoire et de renforcement de la présence de l’Etat sur l’ensemble du territoire national.
Le ministre d’Etat chargé de l’Administration du territoire a dévoilé une ‘’stratégie structurée’’ de renforcement des capacités des Forces de sécurité intérieure fondée sur la montée en puissance des effectifs, la modernisation des moyens et l’amélioration des renseignements. Il prend pour exemple le recrutement de neuf mille agents au sein de la Police Nationale et de la Garde Nationale du Niger en 2025 ; ce qui permet de disposer d’un personnel qualifié sur l’ensemble du territoire afin d’adresser véritablement les questions de sécurité.
En plus de la construction de centres d’instruction dédiés à la formation des futurs agents de sécurité, le ministère en charge de la sécurité publique a investi massivement dans le renforcement de la logistique des FSI, avec des innovations en matière de matériels roulants. « Nous commençons à adopter le concept d’avoir des motos pour pouvoir être beaucoup plus réactifs, appuyées par certains véhicules. C’est un plus que nous sommes en train d’envisager ici au Niger pour être plus proches des populations », indique le Général de division Mohamed Toumba.
A date, le ministère, soutenu par la nouvelle dynamique impulsée au pays par les nouvelles autorités, a créé 69 commissariats de police à travers le Niger. « Après ces créations, beaucoup de communes sont venues nous voir et qui se proposent de nous donner les locaux pour qu’on puisse leur affecter le personnel et le matériel. On a compris que la population a besoin de cette police de proximité. Et, nous sommes en train de tout faire pour la satisfaire », se réjouit le ministre d’Etat. Il souligne également la création des escadrons polyvalents de la Garde Nationale du Niger dans des zones difficiles et la participation quotidienne des Forces de sécurité intérieure à la défense opérationnelle du territoire dans des opérations militaires permanentes ou ponctuelles.
Un renseignement performant au service de la sécurisation du pays
« Si on veut combattre le terrorisme, il faut qu’on combatte les soutiens du terrorisme. Sinon, c’est le serpent qui se mord la queue », déclare le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, le Général de Division Mohamed Toumba. Pour ce faire, l’Etat s’est doté d’un renseignement fonctionnel et utile, à même de l’appuyer dans ses efforts de défense du territoire. « Si la France n’est pas venue nous ‘’taper’’, c’est parce que le renseignement fonctionne. Tout le travail que nous sommes en train de faire, c’est d’essayer de couper la transmission de renseignements critiques aux groupes hostiles au Niger », révèle-t-il.
Au-delà des officiers de renseignements très aguerris qui abattent un travail considérable au quotidien, la population, affirme le Général de division Mohamed Toumba, participe aussi au renseignement. « C’est des efforts qu’il faut soutenir, qu’il faut encourager pour que les gens puissent se sentir concernés dans cette dynamique sécuritaire dans laquelle nous sommes, parce que c’est une affaire de tout le monde », insiste-t-il. Il a rendu hommage aux hommes et aux femmes des Forces de sécurité intérieure qui travaillent à la sécurisation des populations et à la défense du pays aux côtés des autres composantes des Forces de défense et de sécurité.
L’objectif, tel qu’annoncé par le ministre d’Etat Mohamed Toumba, est de « disposer d’une force mieux formée, mieux équipée, mieux coordonnée, capable de répondre avec efficacité aux menaces qui sont constantes et qui évoluent rapidement ». Cette stratégie qui s’inscrit dans la durée combine des actions sécuritaires avec des actions territoriales et le renforcement de la cohésion sociale.
A court terme, la montée en puissance des Forces de sécurité intérieure vise à renforcer les effectifs pour faire face aux menaces multiformes qui pèsent sur le pays, déclare le ministre d’Etat Mohamed Toumba. A moyen terme, il annonce la modernisation des équipements des hommes sur le terrain, avec le renforcement de la dotation des unités combattantes en drones et matériels de vision nocturne, et le renforcement du maillage sécuritaire. « A long terme, notre objectif est de passer d’une logique de réponse à une logique de maitrise durable de l’environnement sécuritaire », dit-il.
Adhésion de la population et collaboration au sein de la Confédération AES
Sans la confiance de la population, souligne le Général de division Mohamed Toumba, aucune stratégie sécuritaire ne tient dans la durée. C’est pourquoi, « nous avons fait le choix de placer le citoyen au cœur du dispositif », dit-il. Cela se traduit par « la mobilisation générale décrété par le Président de la République, Chef de l’Etat, mais aussi la mise en place des défenseurs de la patrie ‘’Domol Leydi’’, et surtout un changement de posture ».
Pour y arriver, le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire a structuré le dialogue avec les communautés en impliquant davantage les chefs traditionnels, les leaders religieux et les acteurs locaux. Cela a permis une meilleure circulation de l’information et une réaction plus rapide face aux menaces. Ces actions sont combinées avec des séances de sensibilisation organisées par les militaires dans leurs zones d’opération.
Le ministre d’Etat Mohamed Toumba annonce le retour du service militaire pour mieux préparer la jeunesse à défendre la patrie. « Autant avoir des gens qui sachent se défendre, que des gens qui ne sachent pas se défendre », justifie-t-il. Il évoque aussi la dimension spirituelle qui joue, selon lui, un rôle important dans la régulation des comportements au sein de la société et en faveur de la défense du pays. D’où l’implication des leaders religieux dans les actions sécuritaires. L’introduction de l’indice national de la cohésion, se réjouit-il également, participe grandement à la stabilisation de nos contrées et au renforcement du vivre ensemble dans nos communautés.
Sur la collaboration avec les Etats membres de la Confédération de l’AES, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire explique qu’elle repose sur une conviction partagée entre ces alliés face aux menaces transnationales qui nécessitent des réponses coordonnées et solidaires. « Nos échanges reposent sur plusieurs axes prioritaires : faciliter de la circulation des personnes et des biens tout en renforçant les mécanismes de contrôle », précise-t-il.
Le ministre d’Etat a également cité l’harmonisation des documents administratifs sensibles au sein de la Confédération, comme la carte nationale d’identité biométrique et le passeport biométrique, en plus des échanges réguliers entre les directions de la police et les chefs des renseignements des trois pays frères ; et la coopération opérationnelle au sein de la Force unifiée de l’AES. Il a également annoncé la fin des tracasseries soutières grâce à l’engagement du Président en exercice de la Confédération, le Capitaine Ibrahim Traoré, qui a inscrit ce problème persistant dans les priorités de son mandat.
L’assainissement du secteur des prestations en sécurité, gardiennage et lutte contre la drogue
Le ministre d’Etat Mohamed Toumba a expliqué que la régulation des sociétés de sécurité a été un chantier énorme au cours de l’année 2025. « Il y avait des milliers et des milliers de sociétés. Tout le monde pouvait y entrer, sans contrôle et dans un esprit dévoyé qui est contraire à la démarche de la Refondation », dit-il. Il se félicite que le secteur soit assaini aujourd’hui, avec seulement 52 sociétés de sécurité opérationnelles sur le territoire. « Nous avons donné des directives claires : c’est soutenir d’abord, en termes de professionnalisme, les FDS qui sont à la retraite et qui sont assez solides pour continuer à apporter leur expérience sur le plan sécuritaire », souligne le Général de division Mohamed Toumba.
Il prédit un regain de dynamisme pour ce secteur dans un avenir très proche, d’où la recommandation du gouvernement qu’il recrute au moins 1/3 de leurs effectifs parmi les anciens porteurs de tenue qui sont toujours aptes, et que le reste soit réservé aux gens qui veulent faire de la sécurité. « Je pense que c’est un secteur qui sera appelé à avoir leur éventail de mission augmenté : il y’a des secteurs qu’on peut très bien leur attribuer et que nous pensons que ces sociétés peuvent très bien gérées …. Il faut que ça soit un levier qui participe à la sécurisation du territoire », insiste-t-il.
Sur le plan de la lutte contre la drogue, surtout de sa consommation par la jeunesse, le Général de division Mohamed Toumba se félicite des résultats obtenus par la brigade des mœurs à Niamey. Il invite les parents à renforcer davantage le contrôle des fréquentations de leurs enfants afin de prévenir toute forme de délinquance juvénile. « Nous sommes en train de voir dans quelle mesure nous pouvons avoir des centres de désintoxication », indique le ministre d’Etat.
Le ministre d’Etat Mohamed Toumba a insisté, au cours de son entretien-bilan, sur la transparence dans la gestion des biens publics. Il a annoncé que son département ministériel a diligenté 25 inspections dans les mairies à travers le pays, pour un préjudice de près de trois (3) milliards de FCFA à recouvrer auprès d’anciens maires et aussi d’administrateurs délégués nommés par le gouvernement de la Refondation.
Il a également indiqué que les ONG et associations sont des partenaires importants de l’action publique au Niger. « On travaille ensemble dans un cadre de concertation afin d’assurer une meilleure coordination des actions et d’éviter les chevauchements, valoriser les compétences locales » explique-t-il, tout en insistant sur la volonté des autorités de poursuivre les efforts pour faire des ONG des partenaires stratégiques du développement national.
Souleymane Yahaya (ONEP)