Les altercations se multiplient dans les fourrières municipales où la tension est devenue quasi quotidienne entre agents et automobilistes venus récupérer leur véhicule. À l’origine de ces disputes souvent violentes : des enlèvements jugés parfois abusifs et injustifiés par des conducteurs excédés, dont les voitures ont été déplacées par la grue municipale vers la fourrière pour stationnement interdit.
En principe, l’intervention des services municipaux obéit à des règles bien établies. Les véhicules sont retirés lorsqu’ils sont garés dans des zones strictement interdites, en double file, à proximité d’un carrefour, dans un virage ou encore lorsqu’ils entravent la circulation et réduisent la visibilité des usagers de la route. Autant de situations considérées comme des infractions pouvant justifier un enlèvement immédiat vers la fourrière.
Or, il arrive que des opérations d’enlèvement par la grue municipale se déroulent de manière brusque, sans prendre les précautions suffisantes, ce qui occasionne parfois des dommages matériels aux véhicules. Ces incidents ne font qu’exacerber la colère de conducteurs furieux de devoir payer une amende dont le coût est jugé excessif, pour un motif qu’il juge souvent injustifié et infondé.
Autre source de frustration : la difficulté à localiser les véhicules enlevés. Faute d’informations claires, certains conducteurs se retrouvent contraints, en effet, de parcourir plusieurs fourrières municipales avant de retrouver leur voiture, au terme d’un véritable parcours du combattant.
Face à ce constat, Marouane Zayane, député relevant du conseil national des régions et des districts a proposé de remplacer l’enlèvement des voitures par la mise en place d’un dispositif numérique, consistant à enregistrer directement dans une base de données les contraventions et à apposer sur le pare-brise du véhicule en infraction, un avis mentionnant le numéro d’enregistrement, le motif de la contravention, le montant de l’amende ainsi que la fourrière où doit se rendre l’automobiliste fautif pour s’acquitter du règlement de l’amende. Si l’application d’un tel dispositif permettrait d’éviter de nombreux désagréments aux conducteurs et de supprimer le recours à l’enlèvement des voitures en état d’infraction, elle présente, toutefois, quelques failles.
Certes, en effaçant du paysage urbain, la vue de ces grues municipales encombrantes qui circulent dans les ruelles et les grandes artères, ce mécanisme permettrait de fluidifier la circulation et d’éviter notamment des scènes souvent contestées d’enlèvement de véhicules. Toutefois son efficacité pourrait être compromise par le manque de civisme de certains conducteurs, qui décideraient d’ignorer les avis d’infraction apposés sur leurs véhicules et de refuser de s’acquitter des amendes.
Afin que ce dispositif soit efficace, il faudrait relier cette base de données à celle des impôts, à titre d’exemple, ce qui permettrait de conditionner certaines démarches administratives, à l’instar du paiement de la taxe de circulation, au règlement préalable des amendes liées au stationnement interdit. Ainsi, une telle mesure renforcerait le caractère dissuasif du dispositif et en garantirait une application plus rigoureuse.