Une nouvelle centrale solaire d’une capacité de 50 mégawatts a été inaugurée ce lundi à Tozeur, marquant une avancée significative dans la mise en œuvre du programme national de développement des énergies renouvelables en Tunisie. Ce projet s’inscrit dans la première tranche d’un plan global visant à produire 500 MW d’électricité à partir de sources renouvelables.
Lors de cette inauguration, le PDG de la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG), Fayçal Trifa, a souligné le caractère “structurant et emblématique” de cette centrale, qui constitue une étape concrète dans la réalisation de ce programme national ambitieux. Réparti sur plusieurs régions, notamment Tozeur, Tataouine, Gafsa et Sidi Bouzid, ce programme vise à renforcer durablement la capacité de production électrique du pays.
Développé et financé par le groupe Scatec en partenariat avec des acteurs internationaux, le projet bénéficie également de l’appui d’institutions financières européennes. Selon le PDG de la STEG, cette réalisation illustre un modèle de coopération réussie entre la Tunisie et ses partenaires, fondé sur une vision commune du développement durable.
Au-delà de son importance stratégique, la centrale de Tozeur contribuera à répondre à la demande croissante en électricité, notamment durant les périodes de forte consommation. Elle permettra également d’améliorer l’équilibre du système énergétique national, en réduisant la dépendance au gaz naturel, principale source d’énergie du pays.
Fayçal Trifa a par ailleurs insisté sur le rôle central de la STEG dans l’intégration de cette nouvelle capacité au réseau national. L’entreprise publique a assuré le raccordement de la centrale, le renforcement des infrastructures électriques et la sécurisation de son exploitation, garantissant ainsi la fiabilité du système électrique.
“La nouvelle centrale solaire de Tozeur, d’une capacité de 50 mégawatts, permet désormais de couvrir près de 70 % des besoins en électricité de la région. Cette avancée devrait contribuer notamment à soutenir l’activité agricole locale, fortement dépendante d’un approvisionnement énergétique stable, tout en améliorant la qualité du service pour les habitants”, a-t-il précisé tout en ajoutant que cette capacité s’inscrit aussi dans un effort plus large de sécurisation et de modernisation du réseau électrique dans la région.
Dans ce cadre, la STEG poursuit un programme continu de renforcement des infrastructures, incluant la mise en place de nouvelles lignes, la fortification des réseaux existants et la formation spécialisée des équipes techniques. “Le travail se fait au quotidien”, a-t-il affirmé, insistant sur la mobilisation des équipes, appelées à fonctionner 24 heures sur 24, notamment en prévision de la saison estivale marquée par des pics de consommation.
L’entreprise publique prévoit d’achever plusieurs projets d’amélioration du réseau d’ici la fin de l’année 2026, dans le but d’assurer une meilleure résilience du système électrique et de limiter les perturbations. Le PDG a également appelé à une mobilisation collective, soulignant l’importance de la continuité des efforts pour améliorer durablement la qualité de service et soutenir l’économie locale.
Par ailleurs, Fayçal Trifa est revenu sur le projet stratégique ELMED, une interconnexion électrique sous-marine entre la Tunisie et l’Italie. Ce projet, qualifié de “très grand” par le responsable, vise à renforcer les échanges d’électricité entre les deux rives de la Méditerranée et à offrir de nouvelles perspectives au système énergétique tunisien.
Selon lui, cette interconnexion permettra à terme d’accroître les capacités d’échange d’énergie, tout en ouvrant la voie à une meilleure intégration des énergies renouvelables dans le réseau national. Le projet devrait également générer des bénéfices mutuels pour la Tunisie et ses partenaires européens, en favorisant la stabilité et la flexibilité des systèmes électriques.