Le Mouvement national des cadres patriotes (Moncap), branche Santé et protection sociale du parti Pastef, a rompu le silence. Dans un communiqué au ton particulièrement vif, l’organisation dénonce le limogeage du Directeur général de la santé, le Pr Ousmane Cissé, qui avait eu des démêlées judiciaires, et pointe du doigt une gestion «clientéliste» du ministère par Dr Ibrahima Sy.
C’est un malaise ? Le limogeage du professeur Ousmane Cissé, figure de proue du programme santé de Pastef, de la Direction de la santé, ne passe pas. Dans un document officiel publié dans la foulée de l’officialisation de la décision en Conseil des ministres, la cellule communication du Moncap santé n’a pas mâché ses mots pour exprimer son «regret et sa profonde désolation» face à ce qu’elle qualifie de «limogeage injustifié» d’un pilier du parti. Et une «déstabilisation systématique» a été dénoncée par cette frange des «patriotes».
Le Mouvement national des cadres patriotes (Moncap) ne se contente pas de regretter un départ ; il lance une offensive directe contre l’actuel ministre de la Santé et de l’hygiène publique, Dr Ibrahima Sy. Le mouvement accuse le ministre de s’inscrire dans une «dynamique de déstabilisation systématique» des cadres issus de leurs rangs depuis son arrivée à la tête du département. «Une politique d’exclusion progressive des acteurs ayant contribué aux moments les plus déterminants de la lutte a été observée, au profit d’un repositionnement de ses proches», fustige le communiqué.
Le grief principal repose sur une supposée rupture avec la ligne de «rupture» prônée par le pouvoir en place. Le Moncap cite notamment la nomination de membres de l’ancien régime à des postes stratégiques (cellule de communication, directions hospitalières), l’arrêté ministériel du 3 avril 2026, perçu comme un acte de défiance envers les cadres patriotes, et l’abandon du programme de santé initialement élaboré par le parti au profit d’un «agenda unilatéral».
Cette sortie met en lumière des tensions internes majeures au sein de l’appareil d’Etat, entre l’aile technique représentée par le ministre et l’aile politique portée par les cadres du Moncap. Ces derniers alertent sur les conséquences de cette instabilité : une persistance des difficultés d’accès aux soins pour les citoyens. Le Moncap santé et protection sociale a d’ores et déjà annoncé la tenue prochaine d’une conférence de presse ce vendredi, même si des voix s’élèvent dans le parti pour dénoncer cette sortie. Cette rencontre devrait permettre d’apporter des «éclairages détaillés» et de préciser les orientations à venir pour le mouvement, qui réaffirme sa détermination à défendre une politique sanitaire «juste et inclusive».
Pour l’heure, le ministère de la Santé n’a pas encore réagi officiellement à ces accusations. Le climat social dans le secteur de la santé, déjà fragile, pourrait s’en trouver davantage crispé dans les jours à venir.