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Les mois de décembre et janvier correspondent à une période d’abondance des produits maraîchers. Après la culture de contre-saison, plusieurs légumes sont disponibles sur les marchés, notamment l’oignon, le poivron, le concombre, la tomate et bien d’autres. A Niamey, cette disponibilité est visible dans presque tous les coins de la ville, en particulier au marché de Dolé, l’un des principaux marchés connus pour la vente de légumes. Selon les revendeurs interrogés, certains légumes connaissent une baisse de prix.
Dès l’entrée du marché ‘‘Dolé’’, on constate un grand nombre de jeunes alignés le long de la latérite, proposant diverses variétés de légumes. Selon un revendeur détaillant nommé Abdoul Hakim, au marché ‘‘Dolé’’, tous les légumes ont connu une baisse de prix, à l’exception du poivron qui conserve toujours son ancien prix. « La tomate, le chou, l’oignon et le concombre sont produits localement, à part la carotte qui provient du Nigeria et le chou qui vient de Konni, car celui d’ici n’est pas encore mûr. Nous nous ravitaillons auprès des grossistes du marché », ajoute-t-il.
D’après ces revendeurs, à la date du 13 janvier 2026, le sac d’oignons de 50 kg est vendu à 8 000 FCFA. À Niamey, la tomate provient des maraîchers de la rive droite : le petit panier est vendu à 12 000 FCFA et le gros panier peut atteindre jusqu’à 50 000 FCFA. Le grand sac de poivron se négociait entre 15 000 et 16 000 FCFA, mais il a connu une hausse et se vend actuellement à 25 000 FCFA. Quant au sac de chou, il est vendu à 12 000 FCFA, celui de la carotte à 15 000 FCFA et le sac de piment frais se négocie entre 12 000 et 13 000 FCFA.
« Au début, nous avions du mal à nous ravitailler car la production locale ne couvrait pas les besoins de la population. Mais en cette période de fraîcheur, Dieu merci, nous trouvons la clientèle et pouvons écouler beaucoup de produits, car les prix sont accessibles », explique Abdoul Hakim. Il souligne également que toute activité comporte des difficultés. « Nous rencontrons des problèmes lorsque les légumes deviennent rares et que les clients négocient beaucoup avant d’acheter », ajoute-t-il.
« Si la production locale suffisait, nous aurions moins de difficultés »
Daouda Chékaraou, grossiste d’oignons au marché ‘‘Dolé’’, explique que l’oignon est un allié important de la cuisine quotidienne. Selon lui, ce produit est cultivé dans plusieurs localités du Niger, notamment à Agadez et à Galmi. Il a commencé cette activité en 2019. Ingénieur en génie civil électrique de formation, il exerce néanmoins ce commerce par passion.
« Nous avons un sol très riche pour la production de diverses plantes. Nos oignons locaux sont très doux et leur qualité est incontestable. Si la production locale suffisait à satisfaire la population, nous aurions moins de difficultés », affirme-t-il.
Il ajoute que certains producteurs d’Agadez exportent leurs oignons vers l’Algérie, ce qui provoque parfois une rareté sur le marché local. « Nous nous ravitaillons en fonction des périodes. Lorsque l’oignon du Nigeria est moins cher, nous en importons afin de faciliter l’accès aux consommateurs », précise-t-il. Selon lui, le prix du sac d’oignons varie en fonction de la taille et de la qualité. « Le sac de 50 kg d’oignons d’Agadez se vend à 8 000 FCFA, mais peut atteindre 12 000 FCFA en période de rareté. ». Ousseini, transporteur d’oignons, explique les difficultés rencontrées dans son activité. « Je transporte le charbon de Niamey à Agadez et, au retour, je ramène des oignons. J’ai commencé ce travail il y a quelques mois. C’est une activité rentable, mais les difficultés sont liées à l’état des routes et aux tracasseries routières », confie-t-il.
Idrissa, docker d’oignons au marché de Dolé, exerce ce métier de façon périodique. « J’exerce ce travail après la récolte. Nous sommes payés en fonction du déchargement. On (lui et son ami) peut gagner jusqu’à 40 000 FCFA par jour. Grâce à ce métier, j’ai pu subvenir à mes besoins, me marier et organiser des cérémonies », témoigne-t-il.
Un revendeur d’ail rencontré avec sa brouette au marché de Dolé explique « je suis vendeur d’ail. Le kilo se vend à 1 500 FCFA. Je fais ce commerce depuis environ cinq ans. Il arrive que nous perdions de l’argent lorsque la marchandise ne s’écoule pas. Le prix du tas varie entre 100 FCFA et plus », indique-t-il.
‘‘Dolé’’, une adresse bon marché à Niamey
Zeinabou, venue s’approvisionner en condiments au marché, affirme que les prix sont abordables. « Tout est moins cher. Avec 5 000 FCFA, on peut acheter beaucoup de choses », se réjouit-elle. Mme Laure, également rencontrée au marché ‘‘Dolé’’, dit avoir découvert ce marché récemment. « C’est la troisième fois que je viens depuis que j’ai appris que les légumes coûtent moins cher ici. Avant, je faisais mes achats au marché de Dar Salam, mais depuis ma première visite, j’ai constaté que les prix sont abordables et je continue à venir », confie-t-elle.
Mahamadou Halirou, un quinquagénaire rencontré chez les grossistes d’oignons, affirme être venu acheter deux sacs de 50 kg à 8 000 FCFA l’unité. « Je revends en détail dans mon quartier. Ce commerce m’a beaucoup apporté car j’ai pu construire et accomplir le hadj grâce à cette activité. En cette période, les prix de l’oignon sont abordables et, Dieu merci, nous réalisons des bénéfices. Avant, le sac pouvait coûter jusqu’à 20 000 FCFA, mais cette année, avant la saison de fraîcheur, le prix s’est limité à 16 000 FCFA. C’est une activité vraiment rentable », conclut-il avec le sourire.
Rabi I. Guero (ONEP)