Dans une lettre ouverte adressée notamment à Human Rights Watch, Amnesty International et à la FIDH, le Mouvement Martin Luther King appelle à une application universelle, équitable et non sélective des droits humains.
Lomé, le 16 avril 2026
Lettre ouverte
À l’attention des Organisations Occidentales de Défense des Droits Humains : Human Rights Watch, Amnesty International, FIDH, et autres
Objet : Pour une lecture universelle des droits humains – Arrêtez le « deux poids, deux mesures »
Mesdames, Messieurs,
Il y a plus de vingt ans que le Mouvement Martin Luther King est né, fondé exclusivement sur la philosophie du Dr Martin Luther King : la résistance non violente, la lutte contre le racisme et le respect de la dignité humaine.
Depuis lors, le MMLK a fait de son cheval de bataille l’adéquation de sa vision avec la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, dont l’article 1er « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits » est notre référence absolue.
Conformément à la DUDH, les droits humains sont universels. Leur application doit l’être aussi, sans relativisme ni lecture à géométrie variable selon les continents.
Or, force est de constater que de nombreuses ONG occidentales adoptent trop souvent une approche à « deux poids, deux mesures » dans leur lecture des situations, en général, et de l’Afrique en particulier. Tel est l’objet de notre présente démarche.
Cette interpellation n’a pas vocation à vous discréditer ni à vous livrer à la vindicte populaire. Le MMLK ne doute ni de vos compétences, ni de vos qualités. Vous avez l’expertise, l’expérience, et ces bagages intellectuels doivent être au service du droit et de la justice pour l’humanité entière, sans considération de race ni de religion.
Mais le MMLK est débordé et frustré par des approches parfois paternalistes, opposées au droit et à la justice internationale. Les mépris et la contextualisation des valeurs humaines sont légion :
1. Les conflits asymétriques : L’agression prolongée contre la Palestine, les menaces contre le Venezuela, la guerre déclenchée contre l’Iran par la coalition USA-Israël. Qui autorise ces foyers de tensions ? Que sont devenues les Nations Unies et son Conseil de sécurité ? Où sont la démocratie et l’État de droit ? Quelle est la position claire des organisations occidentales des droits humains ?
2. La souveraineté sur les ressources : Un État n’est-il pas propriétaire et maître des ressources naturelles et minières dont il dispose ? Les États-Unis sont-ils le gendarme du monde ? L’Afrique est-elle réellement une partie du monde aux yeux de l’Occident, ou sa propriété ? L’histoire a prouvé que la mort de milliers de Noirs africains semble peser moins que celle d’un seul Occidental. Que disent les organisations occidentales des droits humains ?
3. L’Alliance des États du Sahel : N’est-il pas permis à des États souverains, Mali, Burkina Faso, Niger, de défendre une vision commune contre une géopolitique mondiale qu’ils jugent impérialiste ? Il y a deux ans, l’acharnement de la communauté internationale contre la création de l’AES fut manifeste. Ce que déplore le MMLK, c’est le flanc trop souvent prêté par certaines ONG occidentales pour être instrumentalisées par des agendas politiques, notamment ceux de la France.
Le dernier rapport de Human Rights Watch sur le Burkina Faso en est l’illustration. N’est-ce pas l’arbre qui cache la forêt ? Que vise ce rapport qui criminalise des dirigeants qui revendiquent leur souveraineté ? Le MMLK dénonce un rapport tendancieux, truffé de contre-vérités, de nature à déstabiliser les pays de l’AES. Où est la neutralité ? Où est l’impartialité ? Pourquoi ce zèle à charge contre des gouvernements militaires africains, quand le silence règne sur d’autres violations commises par des alliés occidentaux ?
Le monde est à la croisée des chemins. Il mérite constance, justice, équité et transparence comme socles de l’existence humaine.
En somme, le Mouvement Martin Luther King réclame cohérence et égalité de traitement dans l’évaluation des droits humains. Nous rejetons toute lecture qui hiérarchiserait les contextes africains différemment des autres.
Les droits humains ne se divisent pas. Ils s’appliquent à tous, ou ils ne s’appliquent à personne.
Nous restons ouverts au dialogue, dans le respect mutuel et l’égalité.
Veuillez agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de notre haute considération.
Pasteur EDOH Komi
Président
Mouvement Martin Luther King