
Aujourd’hui, mardi 2 juin 2026, une réunion s’est tenue entre le Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, et les membres du Conseil Électoral Provisoire (CEP). L’objet de cette rencontre était le décret électoral que le Premier ministre avait élaboré à l’intention du CEP, car celui-ci n’était pas conforme au texte soumis par ce dernier.
Les membres du CEP ont rejeté d’emblée le projet du Premier ministre et ont, par ailleurs, dénoncé cette initiative comme un moyen pour l’Exécutif d’exercer un contrôle dominant sur le CEP. C’est également une façon d’exercer une influence, privant ainsi l’institution de toute l’indépendance qu’elle devrait posséder. Cette démarche constitue une violation du principe d’indépendance qui doit régir toute organisation électorale.

En face à face, il a été signifié au Premier ministre lui-même que ce projet ne serait pas validé par le CEP. Il n’est conforme ni à l’identité ni à l’éthique du CEP. Le Conseil Électoral Provisoire estime que ce texte n’est pas en phase avec celui qu’il avait soumis aux autorités. Il est totalement différent du texte initial que le CEP avait produit en vue de l’organisation des élections.
Dans une note officielle, le CEP indique que le projet de décret électoral que l’Exécutif entend adopter n’est pas conforme et s’avère fortement partial. Le Premier ministre le sait lui-même : « Il est important de souligner que l’initiative d’élaborer le projet de décret électoral relève de la compétence exclusive du CEP. » Le Premier ministre et son équipe n’ont rien à voir avec ce type de dossier que des membres du cabinet du Premier ministre — qualifiés d’auteurs de cette « attaque inconstitutionnelle » — sont venus tenter d’imposer.

Ce différend a éclaté entre le CEP et le Premier ministre, alors que toutes les parties avaient été convoquées ce mardi à 15 heures en vue de l’adoption du décret électoral. C’est une véritable « volée de bois vert » que le CEP a réservée au Premier ministre. Pour beaucoup de gens dans le pays : « Si ce n’est pas du théâtre, alors il y a de l’espoir. ». Cela signifie que si les membres du CEP sont capables de s’élever publiquement pour dénoncer l’attitude d’Alix Didier Fils-Aimé, il reste encore de l’espoir pour que le pays sorte du labyrinthe dans lequel il est englué.
Ce qui est encore plus laid et triste, c’est de constater à quel point l’État s’est dégradé. Quelques heures seulement avant la publication de la note du CEP, le Premier ministre lui-même avait diffusé un communiqué de presse faisant état d’une convergence de vues entre l’Exécutif et le CEP. Tout allait pour le mieux. Tout le monde était satisfait, tant au cabinet du Premier ministre qu’au sein du CEP. Le gouvernement affirmait que les deux institutions œuvraient à harmoniser leurs positions afin de garantir la tenue des élections dans les meilleures conditions, dans le respect de la souveraineté populaire et des normes républicaines. Et, immédiatement après, le CEP a rendu publique sa véritable position, de manière ouverte et officielle. « Le chef du gouvernement nous a imposé un décret électoral sans possibilité de débat », a confié un conseiller électoral au quotidien *Le Nouvelliste*.
Ce qui est encore plus honteux, c’est que ce document circule sur les réseaux sociaux depuis un certain temps déjà, et c’est précisément celui-là qui nous a été présenté. Il s’agit là d’un acte de mépris envers les citoyens du pays — et même envers le pays lui-même — puisque seules des modifications mineures ont été apportées au texte qui circulait viralement sur les réseaux sociaux.
Il semble, au vu de ce coup de force, que le sous-secrétaire d’État des États-Unis, Christopher Landau, soit arrivé préparé — de concert avec Fils-Aimé — dans l’intention de tromper la population en organisant une élection «sur mesure» pour la continuité de la domination américaine dans le pays.