Comme à Ouagadougou il y a presque dix ans, le chef de l’État français défendra à Nairobi la nécessité d’un « partenariat réinventé » avec le continent, convaincu que la France, quoique talonnée – et parfois dépassée – par d’autres acteurs, ait encore un rôle à jouer. Ce sera à l’occasion d’Africa Forward, qui s’ouvre ce lundi 11 mai.
L’intitulé dit tout : « Africa Forward » (« En avant l’Afrique »), en anglais dans le texte. Pour le premier des 29 sommets franco-africains de l’histoire à se tenir dans un pays non francophone, la partie française a tenu à ce que soit mise en avant la co-organisation de l’évènement avec sa partenaire kenyane, afin d’en faire le symbole du « partenariat réinventé » qu’Emmanuel Macron appelle de ses vœux depuis son arrivée au pouvoir en 2017.
Un sommet en dehors du défunt « pré carré » donc, mais aussi des thématiques politiques et sécuritaires, puisqu’il y sera avant tout question de jeunesse, d’intelligence artificielle, d’environnement, de santé, d’agriculture et bien sûr de business. Avant de s’envoler pour Nairobi, le président français s’est entretenu avec Jeune Afrique et The Africa Report, le 7 mai à Paris.
Question :Jeune Afrique : Le sommet Africa Forward qui s’ouvre ce lundi 11 mai est votre dernier grand sommet Afrique-France. Revenons à votre toute première rencontre avec le continent : vous avez découvert l’Afrique avec le Nigeria, au tout début des années 2000, à l’occasion d’un stage à Abuja.
Emmanuel Macron : Je ne connaissais l’Afrique que par les livres. J’avais une sympathie mais pas de lien particulier avec ce continent. J’étais à l’ENA [École nationale d’administration] et j’avais un stage à faire. J’avais dit, et avec le recul je ne sais pas trop pourquoi, que je voulais aller dans un pays en guerre et j’ai été envoyé au Nigeria. Ceux qui ont pris cette décision ont dû croire que c’était le cas.
Le Nigeria, à l’époque, n’était pas un pays prestigieux. Cela n’était pas bien vu, quand on était à l’ENA, d’aller y faire son stage. Et pourtant j’ai adoré ! Ce n’était pas facile, être français n’y signifiait rien. Et en même temps, tout était possible. J’ai été fasciné par l’énergie de ce pays et j’ai conservé pour lui une affection particulière.
Question :Faites-vous, aujourd’hui, une différence entre l’Afrique anglophone et l’Afrique francophone ?
Il n’y a pas une Afrique anglophone, francophone ou lusophone, mais un continent, dont le potentiel est énorme, dont 70 % de la population a moins de 30 ans et dont la croissance a été supérieure à celle de l’Asie du Sud-Est l’année dernière.
Il y a bien sûr des pays qui s’en sortent mieux que d’autres. C’est lié à leur histoire, aux dirigeants qu’ils ont eus, mais aussi aux difficultés qu’ils ont pu rencontrer. Mais tous ont du potentiel, et trouver la manière de le réaliser est l’un des objectifs de ce sommet de Nairobi.
Il faut que les pays dont on parle sortent de l’informel, obtiennent le bon niveau de financement, qu’ils parviennent à structurer leur économie, à créer de la valeur ajoutée tout en promouvant la bonne gouvernance.
Question :Le fait que l’aide publique au développement ait considérablement diminué, en France mais aussi en Europe ou aux États-Unis, ne constitue-t-il pas un frein ?
Nous ne sommes plus dans une logique d’aide – cette notion n’est d’ailleurs plus véritablement comprise par nos partenaires. Je préfère parler d’investissement solidaire et durable.
Nous ne sommes pas allés, en la matière, aussi loin que nous l’espérions, à cause notamment de l’épidémie de Covid-19. Mais c’est ce que nous avons voulu mettre en avant, dès 2021, avec le Sommet pour le financement des économies africaines. Des efforts que l’on a poursuivis en 2023, avec le Pacte de Paris pour les peuples de la planète [4P], et que je veux poursuivre à Nairobi.
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J’ai la conviction qu’il nous faut transformer l’architecture financière internationale. Que l’argent public, on doit le destiner aux secteurs qui sont hors marché, c’est-à-dire à l’éducation, la santé, les infrastructures essentielles et certaines filières agricoles. Il faut aussi le rendre beaucoup plus efficace et, si l’on y parvient, il y aura cet effet levier indispensable qui attirera les capitaux privés.
Il faut également améliorer la coopération entre les institutions, entre le FMI, la Banque mondiale et les banques de développement. C’est ce que l’on a voulu faire avec Finance in Common [Initiative lancée par l’Agence française de développement en 2020 pour apporter une réponse coordonnée face au Covid-19], mais il faut aller plus loin.
La sécurité est devenue une priorité budgétaire au détriment des hôpitaux ou des écoles. Mais encore une fois, il n’y a pas de fatalité.
Il y a encore trop peu d’argent privé et l’une des difficultés que rencontre le continent est liée au fait que certains pays n’ont pas de notation, ou disposent de mauvaises notations. Beaucoup ne sont même pas éligibles aux grands fonds de la Banque mondiale. Mais il n’y a pas de fatalité : il faut que l’on parvienne à mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés – c’est la clé.
Question :Diriez-vous que sa démographie est une chance pour le continent ?
C’est à la fois une chance et une difficulté qu’elle doit surmonter. Former et faire une place sur le marché du travail à cette jeunesse est un énorme défi. Cela suppose aussi des services publics fonctionnels : éduquer, former, soigner ne peut pas relever du seul secteur privé. Il faut des États forts, qui acceptent de prélever un minimum sur la ressource et de redistribuer par ce biais-là, et il faut que le système d’investissement solidaire dont nous avons parlé accompagne ce mouvement. Beaucoup ont déjà fait d’énormes progrès : c’est le cas du Maroc, de l’Afrique du Sud ou du Kenya.
Question :Mais comment investir dans l’éducation ou la santé quand on est confronté à de gros défis sécuritaires ?
C’est l’une des grandes difficultés de plusieurs pays du continent. Certains étaient sur la bonne voie et se sont retrouvés confrontés à une explosion des trafics illicites, à la violence des groupes terroristes, à des tensions communautaires. La sécurité est devenue une priorité budgétaire au détriment des hôpitaux ou des écoles. Mais encore une fois, il n’y a pas de fatalité.
Question :La France, en tant qu’ancienne puissance coloniale, ne porte-t-elle pas une part de responsabilité dans ce bilan en demi-teinte que vous dressez ?
J’ai condamné avec force la colonisation ; j’en ai reconnu la gravité et la nature dès février 2017. Mais je ne lui imputerai pas tout. De fait, il y a des pays qui n’ont pas été colonisés, ou peu, et qui ont aujourd’hui des problèmes de gouvernance. On ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances.
L’histoire est complexe et je préfère ne pas faire de raccourci. Je pense qu’aujourd’hui, les dirigeants africains ont le devoir d’améliorer la gouvernance dans leur pays, de structurer des stratégies économiques qui permettent le développement de tous. Et les dirigeants non-africains ont le devoir de les aider.
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Je crois profondément en la nécessité d’un partenariat équilibré. Ce n’était pas le cas dans les années qui ont suivi les indépendances : la relation sécuritaire était mal pensée, la relation économique suivait une logique de pré carré et obéissait à une volonté de préserver des intérêts spécifiques, quitte à favoriser la stabilité de certains régimes.
Mais je crois aujourd’hui en la qualité des dirigeants africains, j’ai confiance en les peuples et crois profondément en la nécessité d’un partenariat réinventé, tel qu’on s’applique à le construire depuis le discours que j’ai prononcé à Ouagadougou, en novembre 2017, et jusqu’à ce sommet de Nairobi.
Question :Des décennies après les indépendances, l’Afrique suscite toujours l’appétit des grandes puissances. Et cette fois ce sont ses minerais critiques et ses ressources énergétiques que lorgnent la Chine ou les États-Unis, en laissant d’ailleurs peu de place à l’Europe…
C’est justement une opportunité pour l’Afrique, si elle sait bien la saisir, et pour nous, Européens, pour peu que l’on parvienne à construire ce nouveau partenariat dont je vous parlais. Le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle.
Nous, Européens, savons innover, produire des matériaux de défense et des équipements. Mais on a besoin de minerais critiques, de terres rares, et l’Afrique veut pouvoir les extraire et les valoriser chez elle.
L’Europe aujourd’hui défend l’ordre international, le multilatéralisme efficace, l’état de droit, le commerce libre et ouvert, tandis que les deux grandes puissances que vous avez citées sont dans une logique de confrontation commerciale. Aucune ne respecte les règles de l’OMC, et des puissances considérées comme intermédiaires ont commencé à leur emboîter le pas. C’est le cas de la Russie ou de la Turquie.
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La voie des Européens doit être une voie d’ouverture. Il faut de la transparence et du respect. Je pense par exemple qu’un partenariat gagnant-gagnant avec le continent africain sur les ressources minières peut être socialement et écologiquement tenable. Nous, Européens, savons innover, produire des matériaux de défense et des équipements. Mais nous avons besoin de minerais critiques, de terres rares, et l’Afrique veut pouvoir les extraire et les valoriser chez elle. La Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice : elle transforme chez elle, produit de la valeur ajoutée et crée, par son système de licence, des dépendances avec le reste du monde. Ce n’est pas ce que nous proposons.
Au fond, je défends une stratégie d’autonomie pour l’Europe comme pour l’Afrique, et c’est cela que je compte porter à Nairobi. Nos intérêts sont alignés parce que nous ne voulons pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu’il soit.
Question :Ces appétits que nous avons évoqués alimentent aussi des conflits…
Oui et il faut que ceux qui les entretiennent laissent l’Afrique tranquille. Elle ne peut pas être le théâtre des influences militaires des uns et des autres et des guerres de proxys. C’est ce qu’on a vécu en Libye. C’est ce qu’on vit aujourd’hui au Soudan. Quelque part, c’est un peu ce que l’on vit au Sahel, même si la dynamique est différente.
Il faut par ailleurs que le continent bâtisse ses propres solutions en matière de sécurité. Personnellement, je pense que l’Union africaine [UA] doit jouer un rôle plus important encore, avec des équipes permanentes, des négociateurs et des envoyés spéciaux, le tout avec un soutien des Nations unies. On a déjà essayé, mais le temps est venu d’aller plus loin.
On voit l’épuisement de missions historiques qui ont perdu en légitimité, on voit les difficultés de financement. Il faut pourtant que l’UA ait la possibilité de décider d’opérations de maintien de la paix, d’activer des mécanismes de financement, qu’elle puisse compter sur la solidarité internationale pour des missions qu’elle pilote.
Et partout l’intégrité territoriale et la souveraineté doivent être respectées ou rétablies, comme en RDC.
Question :Vous dénoncez les guerres de proxy. Pourriez-vous dire aux Émirats arabes unis, comme l’ont fait les États-Unis, qu’il faut qu’ils cessent de soutenir les paramilitaires des FSR (Forces de soutien rapide) du général Hemetti ?
Il n’y a pas que les Émirats, plusieurs pays financent un camp ou l’autre, Hemetti ou al-Burhan. Mais il faut que cela s’arrête, parce que c’est un jeu sans fin. Il faut un cessez-le-feu, une médiation et un pouvoir civil.
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Question :Que pensez-vous de la création de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe aujourd’hui le Mali, le Burkina Faso et le Niger ?
Je souhaite commencer par dire que le seul pays qui a pris ses responsabilités au Sahel, et je le dis avec d’autant plus d’assurance que cela n’a pas été décidé par moi mais par mon prédécesseur [François Hollande], c’est la France. La France a perdu plusieurs dizaines de ses enfants pour la souveraineté du Mali, pour la sécurité du Burkina Faso et du Niger, et pourtant, force est de constater qu’il y a eu des incompréhensions.
Le Mali sera un jour, je l’espère, réunifié et dirigé par des personnes démocratiquement élues, qui se soucient véritablement de leur peuple.
Vous m’interrogez sur l’AES, mais j’ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin. Et c’est ce qu’ils sont en train de faire. J’ai également la conviction que la réponse sécuritaire doit toujours être accompagnée d’une réponse politique, et que la bonne gouvernance et le développement économique sont indispensables.
Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale. Le Mali sera un jour, je l’espère, réunifié et dirigé par des personnes démocratiquement élues, qui se soucient véritablement de leur peuple. De la même manière, j’espère voir un jour au Burkina et au Niger des dirigeants démocratiquement élus, et j’espère que le président Mohamed Bazoum – ô combien estimable – sera enfin libéré, parce que sa détention est l’un des grands scandales de cette région.
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Question :L’extrême droite n’a pas cessé de gagner du terrain en France, et instrumentalise volontiers les questions liées à l’immigration. Comment faire comprendre que l’immigration est, plus qu’un devoir moral, une chance ?
Il y a toujours eu des tensions migratoires dans notre pays. C’est comme si on avait oublié les tensions qu’il y avait à l’égard des Polonais ou des Italiens à la fin du XIXe siècle et au début du 20e, ou celles qui ont accompagné la première migration maghrébine dans les années 1960 et 1970.
Je suis pour ma part un fervent partisan de l’universalisme républicain : je ne demande pas à l’autre de me ressembler à 100 %. Je lui demande de comprendre les valeurs qui vont nous permettre de faire société. Surtout, je crois en notre capacité à intégrer par l’école et par le travail. Les tensions dont vous parlez sont d’ailleurs d’abord nées de la désindustrialisation, de la crise économique et du chômage.
Il y a aussi une partie de la classe politique française qui ne veut pas que les choses s’arrangent avec l’Algérie, tout comme une partie de la classe politique algérienne ne veut pas que les choses s’arrangent avec la France.
Il y a aussi les tensions autour de la question de l’islam, et je mène tout un travail pour structurer l’islam en France, pour montrer que la République, même si elle n’a rien à voir avec les religions, est compatible avec chacune d’entre elles à partir du moment où toutes se plient à ses règles. Ce dernier point est difficile parfois à accepter, il y aura encore des soubresauts, des moments de tension, mais cela finira par se régler.
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Question :L’ambassadeur de France en Algérie va reprendre ses activités, un an après avoir quitté le pays en raison d’une crise diplomatique. Un véritable apaisement est-il possible ?
Je pense qu’aucun président n’a fait autant que moi depuis 2017 pour dire les choses, reconnaître et tenter d’apaiser. Sur les harkis, sur les pieds noirs, sur les binationaux… Les mots ont été prononcés, les faits reconnus, il y a eu des gestes mémoriels, une reconnaissance, et même une demande de pardon et de réparations financières pour les harkis. Beaucoup de chemin a été parcouru.
Plus tard, notre relation bilatérale a connu une crispation, liée au choix que nous avons fait sur le Sahara occidental. C’était un choix souverain, fait avec un pays qui n’est pas l’Algérie. Mais Alger a fortement réagi et des tensions ont suivi, liées à différents sujets.
Il y a aussi une partie de la classe politique française qui ne veut pas que les choses s’arrangent avec l’Algérie, tout comme une partie de la classe politique algérienne ne veut pas que les choses s’arrangent avec la France. Mais cette confrontation, dans laquelle nos gouvernements se sont laissés enfermer, n’est bonne pour personne.
Elle réduit les opportunités économiques, notre capacité à lutter efficacement contre l’immigration clandestine, gêne la coopération sécuritaire face au risque terroriste… Bref, cela nous affaiblit tous les deux. Je suis un incurable optimiste, mais j’essaie d’être pragmatique. Et d’un point de vue pragmatique, l’intérêt de mon pays est de bien s’entendre avec l’Algérie. D’un point de vue pragmatique, l’intérêt de l’Algérie est de bien s’entendre avec la France. Et s’il y a des désaccords, on s’en explique.
Question :Vous avez beaucoup répété, depuis 2017, que vous vouliez changer la politique africaine de la France, voire faire en sorte qu’il n’y ait plus à proprement parler de politique africaine de la France. Considérez-vous avoir réussi ?
Il y avait auparavant une stratégie de pré carré, mais aussi un impensé et beaucoup de non-dits avec l’Afrique qui faisaient que l’on n’arrivait plus à avancer. Ma stratégie à moi a été de dire que l’on a une histoire commune, des destins liés, et que sur cette base-là il est possible de bâtir un partenariat nouveau et équilibré.
Regardez ce que l’on a dit sur le franc CFA en 2019 : il faisait débat et cristallisait les critiques. Eh bien, réformons, abandonnons le franc CFA. Et il appartient désormais à la Cedeao et à l’UEMOA, qui ont tous les outils pour le faire, de construire une intégration monétaire. Je leur souhaite de réussir.
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Regardez aussi ce qui a été fait en matière de restitution des biens pillés pendant la colonisation. Quand j’ai commencé à en parler, très peu y étaient favorables – en France en tout cas : le 7 mai, la loi a été définitivement adoptée par le Parlement, à l’unanimité. On a commencé par le Bénin, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, et l’on va continuer. C’est une vraie révolution.
De la même manière, on crée la Maison des mondes africains, dans le 16e arrondissement de Paris, qui permettra de mettre en avant la créativité africaine. L’idée est d’induire un changement de regard complet.
Question :Et en matière sécuritaire ?
Il y a tout ce qui a été fait dans le Sahel bien sûr, mais aussi les efforts que l’on mène avec le Bénin, le Ghana et maintenant le Nigeria. Nous ne sommes plus dans cette logique qui voulait que l’on ait par endroits de grosses bases : cela n’était plus compris et était perçu, à cause du narratif russe notamment, comme un instrument néocolonial. Cette relation n’était plus saine, il a fallu la repenser.
Aujourd’hui, on forme, on équipe, on aide des armées à se structurer, on intervient parfois en appui des États, mais nous ne sommes plus installés en permanence.
Nous parlions tout à l’heure des pays de l’AES. Nous étions présents parce qu’on nous l’avait demandé. Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n’a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée. J’espère juste que l’histoire rendra justice à nos soldats.
Nous sommes parvenus à réinventer nos relations, à nous débarrasser des oripeaux du passé et regardons désormais vers l’avenir.
Tchadanthropus-tribune
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